Je me permets de réactiver ce sujet à l'aune de l'actualité de la Ligue Magnus et notamment de la montée des Spartiates de Marseille en Ligue Magnus.
En effet, suite à la rétrogradation des Scorpions de Mulhouse pour liquidation judiciaire en mai 2023, la Fédération Française de Hockey sur Glace (FFHG) a accueilli très favorablement la montée de Marseille au plus haut échelon du hockey professionnel français, alors que les Spartiates n'ont terminé que 11ème de la division 1, soit l'échelon inférieur à la Ligue Magnus. De ce que j'ai compris, les raisons n'étaient pas sportives mais économiques. En effet, Marseille dispose depuis 2011 de la plus grande patinoire de France: plus de 5500 places exactement.
L'objectif de la FFHG est de professionnaliser la Ligue Magnus. Pour ce faire, il faut que le championnat se modernise en créant une ligue accueillant de grandes patinoires dans des bassins de population importants et où il y a une culture du hockey, ou qui est en passe de l'avoir.
Dans ce contexte, la FFHG va continuer à promouvoir des projets de patinoire dans le modèle des Arenas anglo-saxonnes. Elle l'a déjà fait en incitant à la construction de l'Aren'Ice de Cergy-Pontoise, devenant par là-même le pôle de l'équipe de France de Hockey sur glace. A l'échelle des villes, les Ducs d'Angers ont bénéficié d'une nouvelle patinoire moderne et flambant neuve.
Ces initiatives locales, bien que salvatrices, ne suffiront malheureusement pas. Il faudrait un plan national pour créer ou rénover des anciennes patinoires dans des grandes métropoles capables de faire vivre à l'année ces infrastructures. Je ne vois qu'une solution: que la FFHG demande à organiser un mondial de Hockey sur Glace dans les 6-8 ans qui viennent. Ce n'est qu'à cette occasion que l'Etat et les collectivités locales financeront des patinoires dignes du hockey moderne.
Cela veut dire qu'il va falloir s'habituer à voir notre championnat se modifier drastiquement. Il a déjà beaucoup évolué par rapport à la décennie 2000 où près de la moitié des clubs résidants en Ligue Magnus étaient des clubs de stations de sports d'hiver : Morzine-Avoriaz, Chamonix, Mont-Blanc, Briançon, Villard de Lans etc. des clubs qui aujourd'hui ne peuvent pas faire vivre leur patinoire à l'année, ce qui engendre des surcoûts et au final un manque d'investissement pour grandir.
Il va falloir faire de la place pour de grandes villes ayant les reins solides. Ce processus s'est déjà amorcé: Mulhouse, trop petite, n'a plus les moyens de faire exister son club et a dû déposer le bilan. Epinal, pourtant champion de D1, refuse de monter en Ligue Magnus par crainte de subir le même sort à court terme que son homologue du Haut-Rhin. Briançon, petite ville des Hautes-Alpes, et dont le club a fini encore une fois bon dernier de Ligue Magnus a supplié la fédération pour descendre en D1, ce qui serait selon les termes des dirigeants du club, sa "vraie place"! Mais en vain. Bientôt, le maintien d'un club comme Anglet dans l'élite passera plus pour du folklore balnéaire que d'un projet sportif professionnel solide et pérenne ! Visiblement, les villes moyennes ou petites ne peuvent plus suivre la locomotive…
En lançant un plan national sur une bonne partie du territoire, certains clubs de grosses métropoles pourraient bénéficier d'une nouvelle enceinte sportive: la patinoire de Bordeaux-Mériadeck, bien qu'assez grande, est vétuste. Tout comme celle des Aigles de Nice. Nantes, bien qu'à l'échelon inférieur, semble vouloir devenir une place importante du hockey, tout comme Strasbourg.
Certaines autres enceintes pourraient bénéficier d'une rénovation, voire d'un agrandissement : vu l'engouement pour ce sport à Grenoble, la patinoire Pôle Sud pourrait s'agrandir aisément jusqu'à atteindre 5500-6000 places. Rouen pourrait enfin avoir une grande patinoire digne de son palmarès. Et avec une dalle de glace qui ne se fissurerait pas en plein match de finale des Play-Offs😂!
Bref, c'est un chantier colossal et qui comporte des risques financiers importants : quel sera l'usage futur du LDLC Arena, prévu pour sortir de terre fin 2023 à Lyon quand son club phare de hockey a déposé le bilan en octobre 2019?
Sans oublier qu'il faut une meilleure visibilité sur les chaînes sportives, mais c'est un autre débat.
En conclusion, autant de paramètres et d'incertitudes qui me font penser que voir nos patinoires s'agrandir, ce n'est pas pour tout de suite…