Interview du président dans le DL:
La Ligue Magnus reprend ce samedi pour les Brûleurs de loups. Êtes-vous satisfait du groupe avant la reprise de la compétition ?
« Oui, je suis plutôt content de l’équipe qu’on a construite. On entame la compétition dans un cadre qu’on était pas l’habitude d ’avoir puisqu’on a enchaîné les défaites en CHL et ça nous est pas arrivé depuis fort longtemps. On a de l’appréhension. On est tenu d’aller un gros match à Bordeaux. Quant à la qualité du hockey qu’on a produit, de l’entente dans le groupe, je pense qu’elle est parfaite. Je pensais que le groupe serait affecté par ses défaites, ça n’a pas été le cas. »
Comment l’avez-vous constitué ?
« Le collectif de cette année n’a pas beaucoup évolué. On reste cohérent dans un plan à trois ans qu’on avait lancé l’an passé. On est plutôt en avance car on n’avait pas prévu d’être champion la saison dernière. Ça ne modifie pas nos objectifs pour cette saison, c’est-à-dire être champion de France et gagner la Coupe de France. On a un petit peu diversifié nos choix de joueurs en recrutant dans le championnat allemand et plus en Finlande. Notre volonté c’était de mettre un peu plus d’impact physique dans notre hockey. On voulait aussi conserver nos jeunes et arriver au top niveau au moment des play-off. S’ils partent, c’est pour aller vers des meilleurs clubs. » Comment appréhendez-vous la reprise dans le championnat ?
« On est dans la continuité. On n’a pas l’impression qu’une remise en cause générale s’impose. Il faut reprendre confiance, on sait que c’est moins fort en face. On devra être attentif, rigoureux, on va être attendu dans toutes les patinoires de France. Soit on nous diabolise, soit on nous idéalise, mais dans tous les cas, il se passe quelque chose dans la tête de nos adversaires quand on va jouer contre eux. »
Grenoble est une référence dans la France du hockey, y a-t-il une pression particulière avec ce statut ?
« Si je dois faire un parallèle un peu naïf, on avait la même domination de Rouen d’il y a quelques années et on ne les affublait pas des termes qu’on nous affuble. Ça veut dire qu’il y a un peu plus que la domination. On a l’impression pour nous que l’argent est facile alors que chaque euro compte. On est plutôt exemplaire car on est un vrai club formateur et on a investi lourdement dans ce domaine au détriment de notre équipe. Quand on nous affuble de faire de l’argent facile. Il y a un sentiment d’injustice. Ce n’est que le fruit du travail qui nous permet d’être là où on est aujourd’hui. »
Quels sont vos adversaires aujourd’hui dans la Magnus ? On pense à Angers, Rouen…
« Rouen a un très beau groupe, avec de belles qualités. Nice aussi peut faire partie des clubs qui jouent les play-offs. On va avoir Gap aussi… Je trouve que c’est enlever du mérite à n’importe quelle équipe qui domine cette ligue. La Magnus s’est concentrée, qualifiée. Ce sera compliqué d’être dominant. À nous de faire le job. Ce sera dur. »
Si on sort de la glace, trouvez-vous que la compétition se professionnalise de plus en plus au fil des ans ?
« Il y a cette volonté oui, mais il y a encore énormément de travail à faire, notamment sur l’arbitrage, la formation, la médiatisation… Ce sont des sujets d’actualité pour la Fédération française de hockey sur glace. Après il y a une vraie volonté de changer les choses et je peux que m’en féliciter. C’est ce que je réclamais haut et fort à la précédente présidence et je n’avais pas le sentiment d’être écouté. J’ai l’impression que ça évolue et j’observe avec attention ce qui se passe. »
Pour vous, le hockey français va dans le bon sens ?
« Il y va mais pas assez vite. Plus on perdra du temps, on aura moins de notoriété et peut-être moins de clubs dans le futur… Les structures souffrent encore de la crise Covid et ce n’est que par la médiatisation qu’on arrivera à aller chercher des sponsors et injecter de l’argent frais dans notre sport. »
Est-ce que vous aspirez à être un modèle dans le monde du hockey ?
« Non, ce n’est pas mon ambition. Je veux continuer à travailler, à oser. Je ne regarde pas trop les autres mais je me concentre sur ce qu’on fait. Je suis suffisamment pénible pour que les gens qui bossent avec moi aient aussi cette exigence. Je me concentre sur notre organisation et il y a moins de frustration. »
Durant l’été, vous avez noué un partenariat avec le club de Lausanne, quelle est l’idée de cette collaboration ?
« C’est plus un “gentleman agreement” qu’un contrat entre nous. Il y a des sujets sur lesquels on peut être complémentaires, notamment sur la formation. On leur a demandé si on pouvait avancer ensemble, notamment avec les plus jeunes. Pour nous, c’est une priorité. Les catégories U15, U17 travaillent le club de Lausanne et vont s’affronter plusieurs fois durant la saison. C’est une solution pour nous aussi de mettre nos jeunes hockeyeurs en valeurs sur la scène européenne. »
Il y a plusieurs difficultés en France avec la formation…
« Aujourd’hui, pour notre équipe U20, il n’y a pas assez d’adversité en France. Je le dis avec beaucoup d’humilité ce n’est pas que nous sommes trop forts, les autres sont trop faibles. On a gagné 7-1 à Strasbourg alors qu’il manquait plusieurs joueurs dans notre équipe. Je trouve que c’est triste pour le hockey français. Pour moi, cet aspect est presque plus important que le groupe professionnel aujourd’hui. On a investi 500 000 euros dans la formation. Si je les avais mis dans le groupe professionnel, on aurait une équipe qui serait encore bien plus forte. Ma volonté, c’est de construire avec les jeunes. C’est une priorité. »