Avant-dernière analyse (manquera plus que Caen) avec le champion en titre, les :
Dragons de Rouen
Gardiens :
Fabrice Lhenry : une année difficile marquée une nouvelle fois par des blessures, auxquelles il faut ajouter une défense qui l’a bien moins protégé que par le passé. Du coup des signes de faiblesses n’ont pu passer inaperçus. Il serait temps de songer à raccrocher les patins avant de vraiment réaliser la saison de trop. Et si Fabrice décide de continuer, alors hors de question de le faire en tant que n°1, car il n’en a plus la capacité physique. A la rigueur comme n°1 bis, avec un back up de qualité, lui permettant de garder le rythme sans s’épuiser inutilement. Mais les Dragons ont-ils suffisamment d’argent à consacrer à un duo de gardiens de haut niveau ?
Sebastian Ylonen : un back up correct mais sans plus, qui dans le contexte particulier de la défense rouennaise cette saison a eu beaucoup de temps de glace et qui, sans être rassurant, n’a pas été décevant non plus. Néanmoins ce constat, pour un archi-favori aux titres, n’est pas suffisant. En conséquence, et selon la tournure du gardien choisi au poste de n°1, il serait souhaitable de le laisser partir.
Défenseurs :
Johan Akerman : un excellent joueur qui accomplit très clairement sa dernière année. Il a apporté un vrai plus au PP des Dragons, seulement, pas autant que souhaité. Mais est-ce une vraie surprise ? En effet, son âge l’a rattrapé, particulièrement en PO où il ne pouvait plus prendre quelques matchs de repos pour se remettre en condition, ce qui lui coûte cher car il y sera souvent pris à défaut par les attaquants adverses. A remplacer donc.
Jonathan Janil : Excellente saison, comme deux ans auparavant. On peut presque le qualifier de général de la défense, malgré son jeune âge. Sûr de lui et propre dans les deux sens de la patinoire, il va être très dur de le conserver, car s’il doit partir à l’étranger pour s’améliorer significativement, c’est maintenant.
Lauri Lahesalu : une année compliquée pour un joueur talentueux, mais qui semblait être en fin de cycle à Angers. L’associer à Durak n’a évidemment pas aidé. Au final, il ne s’en sort finalement pas trop mal, mais cela reste insuffisant, et il n’est plus très jeune. A remplacer.
Andrej Tavzelj : dur d’être le remplaçant de Juha Allen. Malgré une période d’adaptation un peu difficile, il a bravement relevé le défi et fini brillamment en se révélant être un roc en PO. Certes, il ne contribue que très peu à l’offensive, mais il n’est pas du tout là pour ça, et son profil d’arrière défensif est extrêmement précieux dans une défense rouennaise plutôt laxiste sur ce plan. A garder.
Miroslav Durak : une énigme. Comment un joueur avec un si beau CV a pu être aussi décevant ? Fébrile, accumulant les grosses bourdes, il a donné des sueurs froides aux supporters et à ses coéquipiers tout au long de la saison, arrivant même à faire perdre patience au pourtant stoïque Lahesalu avec qui il été associé. A remplacer absolument.
Raphaël Faure : un jeune qui a eu beaucoup de temps de jeu « grâce » aux coups de mou d’Akerman, et qui a bien répondu présent en pratiquant un jeu simple et juste. Il mérite amplement sa place de titulaire comme n°6 pour l’année prochaine, et pourrait même prétendre à mieux ailleurs (en France bien sûr).
Attaquants :
Marc-André Thinel : le nouveau capitaine. Il a eu quelques difficultés à endosser ce nouveau rôle, lui qui n’était pas forcément connu pour son exemplarité. Mais il a su relever le défi. Ce n’est certes pas sa meilleure saison en terme comptable, mais, contrairement à d’autres où son implication pouvait être mise en question, cette année est s’en nul doute celle où il a le plus transpiré à accomplir le travail dans les deux sens de la patinoire. Ce qui explique des stats un peu moins flamboyantes. Il est encore sous contrat, et c’est tant mieux, mais va-t-il à nouveau accepter le « C » avec les contraintes qui vont avec ? Là, c’est moins sûr.
Julien Desrosiers : un peu le même constat que pour Thinel, avec une plus grande implication dans le travail défensif, qui évidemment rejailli sur les statistiques. Toujours aussi décisif dans les moments qui comptent, une qualité qui n’a pas de prix. A conserver absolument.
François - Pierre Guénette : l’autre « monsieur décisif » de l’équipe. Il a peut être un peu moins d’habilités que les deux précédents, mais compense amplement par un plus grand travail. Il encore sous contrat, pour le plus grand bonheur des Dragons.
Eric Castonguay : dur d’être le remplaçant de Carl Mallette, surtout qu’il n’excelle pas dans le même domaine, lui distribuant plus le jeu que son prédécesseur. Une saison en retrait comparée à la précédente, sans être ridicule, loin de là. Au vu de son jeune âge, il mérite largement un peu de patience car le potentiel est là. Mais a-t-il envie de rester ?
David Fredriksson : un joueur à deux facettes : d’un côté les multiples blessures et la transparence de début de saison avec une agressivité mal maîtrisée, de l’autre un apport essentiel dans le slot, avec un joueur prenant les rebonds, masquant le gardien adverse et énervant l’adversaire. Cette inconstance est problématique, et mérite d’être soupesée avant de lui accorder une nouvelle chance.
Juraj Stefenka : l’opposé du précédent. Un joueur exemplaire dans la constance, travaillant dur, montrant l’exemple et ne montrant pas de signe de fatigue malgré son âge. Le genre de vétéran rêvé pour développer des jeunes sur une troisième ligne, d’autant qu’il semble disposer d’un vrai talent de pédagogue dans ce domaine, ceci malgré la barrière de la langue. Il serait intéressant, à l’instar d’un Babka, d’envisager quelque chose sur le long terme avec lui, en matière de reconversion sportive dans le staff. Mais pas pour l’année à venir, car il en a encore sous le patin.
Ilpo Salmivirta : Un peu le même profil que Fredriksson, mais en plus solide et constant. Ces PO n’ont par contre pas été exceptionnelles. Il n’est pas passé loin du couperet l’année dernière, pas sûr qu’il y réchappe cette intersaison. Il mérite pourtant sa place par son implication sans faille.
Romain Guttierez : l’année de la révélation pour lui. Après deux saisons à lutter pour une place sur la troisième ligne, il l’a enfin obtenu et y a montré de belles aptitudes. Reste à améliorer le travail défensif et la constance. A conserver.
Anthony Rech : une année moins prometteuse que ce qui avait été annoncée. Un joueur qui disposent d’excellentes aptitudes offensives, mais qui s’est peut être vu un peu trop beau. Finalement, ce n’est pas plus mal pour les Dragons, qui vont pouvoir conserver ses services une saison supplémentaire.
Loup Benoît : changer d’air aura été plus que bénéfique pour lui. Un joueur excellent au face-off, travailleur, et disposant d’habilités offensives correctes. On a là un excellent prétendant pour le poste de centre d’une troisième ligne dans un grand club, voire sur une deuxième dans un plus modeste. Au vu de la saison dernière, ce n’était vraiment pas gagné. A garder bien sûr.
Dimitri Thillet : un joueur disposant de très bonnes habilités offensives, au gabarit intéressant, mais qui pour l’instant peine à s’imposer en élite. Il mériterait une meilleure chance dans un club aux objectifs et effectif plus modestes.
Coach et staff :
Rodolphe Garnier : coach très contesté, son passé très contrasté à Caen l’a rattrapé cette saison. La fronde qui avait débuté l’année dernière dans le vestiaire à son égard et qui perdurait cette saison semble s’être un peu calmé sur la fin, mais son avenir n’est en rien assuré à Rouen. Difficile de gérer cet effectif des Dragons, qui dispose de quelques fortes têtes, alors avec quelqu’un ayant un caractère aussi soupe au lait que celui du coach actuel, cela ne pouvait qu’aller au clash. On va bien voir comment les dirigeants vont choisir de gérer cela.
Guy Fournier/Thierry Chaix : sans conteste une des paires les plus compétentes de la ligue. Néanmoins un gros bémol, car la suprématie du club Rouen, mais aussi de ses entreprises dans leurs domaines respectifs, monte très clairement à la tête du président des Dragons, qui prend de plus en plus des allures de dictateur dans ses relations avec ses homologues/concurrents, ce qui d’ailleurs risque de lui coûter cher (voir son assignation en justice actuellement) à plus ou moins courte échéance. Attention à ce que le retour de flamme ne fasse pas des dommages au club.
Bilan d’équipe :
Bilan très contrasté pour cette saison, car l’effectif disposait de gros points faibles. Tout d’abord l’inconstance en début de saison, qui est un mal récurrent chez les Dragons, et qui comme d’habitude s’est peu à peu effacé au fil de l’année. L’autre est la défense, qui a constitué le gros point noir du début à la fin. Rouen a toujours été connu pour privilégier l’attaque, mais cette année, cela à faillit coûter cher, et la baisse de la masse salariale n’est pas une excuse sur ce point.
Reste tout de même un point positif, qui est l’éclosion ou la confirmation de pas mal de jeunes joueurs cette saison : Guttierez, Janil, Benoît, Aubé, Rech (un peu moins mais tout de même). Ils ont apporté un vent de fraîcheur qui a sans nul doute permis de garder la tête hors de l’eau lors des moments difficiles.
Ah oui, accessoirement, il y a deux nouveaux titres dans la vitrine du club. C'est plutôt bien non ?
Perspectives ?
Le staff des Dragons souhaite conserver une grande partie de l’ossature, tout particulièrement les jeunes, et cela se comprend totalement. Au final, le chantier n’est pas si grand pour doter l’équipe d’un effectif mieux construit. L’offensive est satisfaisante, à la rigueur Castonguay peut être remplacé par un joueur ayant plus le profil de buteur, mais on tombe là dans un problème de riche vu la composition du reste de l’attaque.
La priorité est la défense en général, gardiens compris. Un défenseur offensif, un défensif pur et un mix des deux sont à trouver impérativement. Puis restera à régler la question problématique du gardien : nouveau n°1 ? Deux numéros n°1 bis ?
Wait and see…