Bon, après un peu de temps de réflexion, à mon tour de donner mes premières impressions pour cet exercice 2014-15. Je sais qu’elles vont en surprendre pas mal, mais peu importe, c’est mon avis sur la chose.
Commençons tout d’abord par le point noir : le staff (sportif ou non).
Comme certains l’ont précisé avant moi, il a manqué cette année un vrai directeur sportif, qui aurait servi d’intermédiaire entre Martel et les joueurs, afin de désamorcer la situation de plus en plus explosive qui couvait dans le vestiaire. Ceci sans compter le manque d’ambition et d’objectif précis à court et long terme au sein de la direction du club, tout cela dû à un manque de connaissance désolant de nos dirigeants et décideurs en matière sportive. Au final, le club y perd son identité, sa combativité, son sens de l’effort, son âme quoi. Work hard, play hard ? Ca n’a jamais été aussi faux.
Car non, un club sportif ne se gère pas comme une entreprise lambda, à se contenter d’équilibrer un budget et de satisfaire au mieux les sponsors, et j’espère que les deux ultras favoris aux titres ont eu cette saison, avec leur élimination précoce, le coup de semonce salvateur qui les remettra sur le bon chemin.

A propos de Martel : il est indéniable qu’il dispose d’excellentes qualités tactiques, et qu’il sait s’ajuster à l’adversaire en cours de jeu. Mais une fois cela dit, il a deux très gros défauts :
1. Le relationnel qu’il développe à l’égard (ou plutôt l’encontre) de ses effectifs n’est pas du tout sain. Je peux comprendre que cela marche en LHJMQ, auprès de jeunes sortant tout juste de l’adolescence (18/19 ans de moyenne), et que ça allait encore en Division 1 suédoise car les joueurs, à quelques exceptions près, n’y étaient guère plus vieux (21/22 ans). Mais dans un championnat comme le nôtre avec une majorité de seniors, cette attitude distante, agressive et souvent humiliante ne peut pas marcher.
2. Son système de jeu, très nord-américain (dont je ne suis d’ailleurs pas fan du tout, je tiens à le préciser) qui est, sans rentrer dans les détails, défensif et privilégiant intensité et simplicité à technicité ou subtilité. Une façon de jouer assez spécifique qu’il refuse d’adapter à ses joueurs, car pour lui c’est l’inverse qui doit se produire.
Et c’est là que le bas blesse, car on a reproduit la même erreur que l’année dernière : on a monté un effectif « joueur », avec un entraîneur prônant le jeu défensif, qui a donc employé d’une manière contestable et contre-productive dans la gestion des matchs « ses » boys. On avait là une équipe taillée pour garder le palet de la première à la dernière minute (comme on l’a démontré par exemple durant la prolongation du dernier match où, durant 10 min, les Ducs n’ont pas touché le palet).
Au final, on s’est contenté de jouer le contre, puis de verrouiller (ou plutôt tenter) une fois l’avantage acquis. Un système contraignant qui a marché tant que les joueurs ont obéi aux consignes, puis s’est étiolé au fur et à mesure de leur ras-le-bol.
Il faut ajouter à cela quelques grosses lacunes, notamment dans la mise en place d’un power play efficace, ou l’entraîneur s’est entêté à conserver le même schéma de jeu quand bien même il avait montré ses criantes limites. Ou encore dans sa gestion des jeunes joueurs, puisqu’ils n’ont guère eu de temps de glace alors que certains auraient mérité bien mieux (Chapuis, Scolari, Faure). Surprenant pour un entraîneur issu du hockey junior. C’est donc finalement une bonne chose Martel ne soit plus à la tête de nos troupes.
Ceci dit, merci à lui pour avoir donné un aperçu à la direction du club de ce qu’est un vrai coach aux commandes, maîtrisant les arcanes du hockey moderne. Car grâce à lui, on a obtenu une première place et décroché un titre mérité en coupe de la ligue.

Concernant Dufour : à quoi a-t-il vraiment servi cette saison ? Il a montré une fois de plus ses limites, mais cette fois à la tête des U22, qui ont échoué lamentablement en PO au premier tour. En senior, il n’a pas su atténuer les tensions entre Martel et les joueurs, alors qu’il aurait dû être l’homme de la situation puisque apprécié de tous les « partis » (coach, joueurs et direction). Et enfin, lors de l’ultime match, on a vu qu’il n’avait tiré aucun enseignement des mois passés auprès du tacticien québécois : envoi du palet au fond pour les entrées en zone, tirs à la cage pour rebond… un jeu simpliste dont on a tous ras-le-bol !
Quid des joueurs ? Au final, grosse, très grosse insatisfaction aussi de ce côté-là. Certes, ils étaient muselés par le système de jeu de Martel, ce qui explique l’énorme baisse de production de certain, mais de là à tomber pour beaucoup dans une telle inefficacité, surtout dans les moments clés, cela n’est pas normal. De plus, même si la révolte à l’égard des manières de faire de l’entraîneur se comprend, et peu même avoir une certaine légitimité dans le complexe contexte grenoblois, cet esprit frondeur ne peut pas être toléré. J’espère qu’un grand ménage sera fait dans ce vestiaire.
On le voit, beaucoup de problèmes. Maintenant des solutions :
Un vrai et gros changement dans le staff : on commence par la présidente, qui arrive en fin d’exercice. On lui doit un grand merci pour nous avoir remis sur les rails financièrement, et nous avoir permis de garder un club de haut de tableau. C’était une tâche colossale qui mérite de lui rendre cet hommage. Mais maintenant que cette douloureuse page est tournée, il est temps de confier les rênes à une personne qui connaisse à la fois le milieu sportif et entrepreneurial. Il me semble que dans ce domaine, Patrick Rolland est tout désigné, et que cela peut se concilier avec son travail actuel.
Mais à la limite, qui il y aura à ce poste peut paraître secondaire tant que les futurs directeurs sportifs et entraîneurs sont des gens compétents. Dans la liste des anciens grenoblois, ce n’est pas ce qui manque. Podlaha, Jönsson et Rouleau, pour ne citer qu’eux et surtout parce qu’ils exercent tous cet emploi de GM avec brio, seraient de très intéressantes pistes. Et que l’on ne me parle pas de difficultés pour les faire venir ! Ils portent tous le club dans leur cœur et même si leur « rapatriement » peut coûter cher, cela sera plus que compensé par les pistes inédites en France dont ils disposent en matière de recrutement (donc des renforts bien moins cher).
Pour le coach, il est temps de tourner la page du hockey nord-américain, et, si possible, défensif. Amener du hockey plus offensif et donc plus spectaculaire serait bon pour réconcilier équipe et public. C’est pour ça que je préférerais un entraîneur issu des pays de l’est (tchèque par exemple). Je n’ai pas de nom à citer ici, mais si les pistes extérieures ne marchent pas, la solution de repli Stéphane Gros serait bonne car il répond à plusieurs importants critères : il est bon tactiquement, sait développer un système de jeu très agréable à voir jouer, et parvient à y faire adhérer complètement ses joueurs, ceci dans une ambiance sereine.

Concernant les joueurs, comme je l’ai dit au-dessus, grosse lessive. Seuls ceux ayant montré de l’envie et un vrai attachement au maillot sont à garder. La liste est courte : Baylacq, qui a été exemplaire en PO et a fait (et plutôt bien) avec un temps de jeu injustement réduit cette saison. Chapuis, Scolari et Faure, qui ont montré de belles choses pour leurs débuts. Treille à la rigueur dans un rôle sur une troisième ligne, mais pas plus. Favarin peut aussi rester, il a démontré une constance et une attitude exemplaire qui en font un ajout de choix pour le club, d’autant qu’il en a encore sous le pied. Tartari est encore sous contrat, mais veut-il rester ? Perret est sur le départ. Pour le reste, tout le monde dehors. C’est cruel pour certains, mais il faut un nouvel esprit dans la future équipe, qui ne soit pas « contaminé » par les exercices précédents.
Pour ramener de la combativité, j’essayerais à tout prix de faire revenir Laurent Meunier, et comme capitaine. De même, le retour de Maxime Moisand dans un système de jeu plus offensif et surtout subtil, serait une bonne chose. S’il ne part pas à l’étranger, l’ajout de Rech serait excellent, d’autant qu’à l’écoute des discours grenoblois durant ses courtes PO, il semble évident que des contacts avancés existent. Pour le reste, au futur directeur sportif de trouver les perles rares, mais pitié, pas en France.
Dans ces recrues, il faudra deux maîtres à jouer (un ailier et un centre), un travailleur capable de faire dans la provoc et ayant du répondant derrière (dans le genre Olivier Bouchard pour ceux qui s’en souviennent), et un buteur. Derrière, il faut un arrière offensif, et deux défensifs disposant d’un très gros lancer, capables de faire la loi devant leur gardien (ça nous a cruellement manqué) dont un vétéran pour encadrer Scolari ou Faure sur le 3[sup]ème[/sup] bloc. Et enfin, un nouveau goalie, plus constant.
A la rigueur, si le futur coach est Stéphane Gros, il peut amener avec lui Hardy, Bedin et Fouquerel, mais en matière de renforts magnusiens, ce sera tout !
x
U22
Arrière défensif – Moisand
Arrière offensif – Favarin
Arrière défensif – Scolari
Faure
Rech – Centre créateur de jeu – Ailier travailleur
Ailier réateur de jeu/buteur – Meunier – Ailier buteur/créateur de jeu
x – Tartari – Treille
Chapuis – Baylacq – U22