Etant en déplacement professionnel à Paris, je n'ai pu encore réagir à ce grave incident dont Senators a été victime.
J'en suis estomaqué et profondément choqué. Et je tient à préciser à Sénators que je le soutient dans cette épreuve qui le touche lui et sa famille.
En règle générale, je ne comprends pas la politique de communication de la direction de ce club envers ses supporters.
Ou plutôt l'absence de communication.
Vis-à-vis du grand public, des sponsors, la communication est une réussite, et de ce point de vue, le retour à un équilibre financier, la réussite du Winter Game, de la soirée des 50 ans, ou la communication via Facebook, sont d'indéniables réussites.
La communication sportive, elle non seulement laisse à désirer, mais elle est de mon point de vue inéxistante, depuis de (trop) longues) saison. Communiquer sur le sportif, dans ce club, a consisté, a alterner déclarations langue de bois et longues périodes de silence radio. En période de bons résultats, cela peut passer pour un aveu de manque de tact, ou d'absence de goût pour ce domaine de la communication, ou pour un manque de temps et de moyen (il n'y a pas de vrai service de presse et de relation supporters dans la structure actuelle du club).
En cas de crise sportive, comme le connaissons actuellement, et depuis pas mal de temps, cela peut apparaître comme , dans le meilleur des cas, une gêne (mon dieu, que dire, que faire ? est-ce qu'en parlant, on ne va pas envenimer les choses, peut-être que le silence est la meilleure solution en attendant que cela aille mieux) ou dans le pire des cas, du mépris.
La réunion de la fin de saison précédente avait fait pencher la balance dans le camp de la maladresse, de la difficulté à s'occuper de mille choses en même temps.
L'agression dont a été victime Senators, fait malheureusement pencher la balance dans l'autre côté, celui du mépris, avec une violence aussi forte que l'acte. Comment après cela, expliquer aux supporters, qui paient places et abonnements, qu'ils sont traités avec respect ?
L'effet est dévastateur pour le club. Cela ruine tous les efforts effectués depuis des mois.
Alors, on va me dire, peut-être, que réclamer publiquement la démission d'un entraineur est également un geste violent. Car il a une famille à nourrir et des enfants qui pourraient prendre ces déclarations comme des attaques personnelles contre leur père.
Je ne crois pas que cet argument soit valable dans ce cas. Senators est resté courtois, sans qu'il y ait la moindre insulte dans sa fameuse modeste pancarte.
Le métier d'entraineur dans le sport professionnel est un métier public qui s'adresse à l'affectif, à la passion de ceux qui paient pour aller voir évoluer une équipe professionnelle qu'ils supportent depuis des années, pour des années encore. Une passion qui se transmet de générations en générations, souvent jusqu'à la mort. Quand on est, quand on né, supporters des Brûleurs de Loups, ce n'est pas pour dans six mois devenir supporter de Rouen, ou d'Angers, sous prétexte qu'ils sont en finale de la Coupe de France et pas nous.
En étant de Montréal, je suis d'ailleurs persuadé que Jean-François Dufour en a tout a fait conscience, surtout quand on connaît le degré de passion des Québécois pour le Canadien.
Donc, les supporters n'ont rien fait de mal, donc Senators n'a rien fait de mal. Cela fait partie du droit de fans de réclamer des têtes s'ils estiment que l'avenir de leur club est en jeu. C'est le droit des dirigeants de ne pas acceder à ces demandes s'ils estiment que l'avenir du club passe par d'autres décisions.
Mais c'est le droit et le devoir des dirigeants de parler à leurs supporters et d'expliquer, en permance, leurs choix.
Et en aucun cas, c'est le droit et le devoir de s'en prendre, pratiquement physiquement à un supporter qui donne son point de vue.
Je pense que l'équipe dirigeante a une dette vis-à-vis de Sénators et des supporters et une dette, cela se règle.