Donc, je reviens (tardivement, j'en conviens...) sur les explicatiions réclamées par l'ogre vert sur le 21 août 1968 à Prague
Alorssss, il faut tout d'abord (comme souvent en histoire) faire un retour en arrière de 20 ans.
En 1948, la Tchécoslovaquie reconstituée après guerre bascule dans le camp communiste suite à un coup d'état (le Coup de Prague) du PCT, sur ordre, évidement, de l'URSS.
Alors que lors des accords de Téhéran ou de Yalta, la Tchécoslovaquie (Prague avait été libéré par l'armée rouge, mais la partie occidentale de la Boheme l'a été par l'US Army dont la ville de Pilsen) n'avait pas été clairement définie comme devant être dans un camp ou un autre (Comme l'Autriche)
La Tchécoslovaquie avait une tradition démocratique avant guerre et un Parti communiste puissant (le seul d'Europe centrale et orientale dans ce cas d'ailleurs)
Staline a donc décidé un coup (de Prague) qui a marché.
Le seul problème est qu'au sein du PCT, il y avait deux tendances, les Staliniens (Klement Gottwald) et les "réformistes" de Rudolf Slansky. Les premiers vont dans des procès staliniens célèbres éliminer les seconds (le Procès Slansky a donné le film l'Aveu avec Yves Montand qui raconte le cas d'Artur London, l'un des co-accusés)
Donc, en gros les Tchèques et les Slovaques, y compris certains communistes, n'avaient jamais acceptés la main mise des Staliniens et des Soviétiques sur leur pays.
C'est pour cela qu'à la première occasions, dans les années 60, le courant réformateurs au sein du PCT a repris le dessus.
Ce qui a donné le Printemps de Prague, cette tentative de donner un "visage humain au socialisme" selon la formule de l'époque.
Mais de cela, Léonide Brejnev ne peut et en veut en entendre parler. Il envoie donc les chars des pays du pacte de Varsovie (tous sauf la Roumanie de Ceaucescu qui refuse pour embêter Moscou et accentuer son autonomie au sein du bloc) pour écraser cette tentative.
Les dirigeants du Printemps et des simples citoyens, sont arrêtés, de nombreuses personnes, jeunes, artistes, opposants sont contraints à l'exil.
Mais le régime ne s'est donné que 20 ans de répis. Après l'écrasement du Printemps de Prague, plus personne dans le pays ne croit à une possibilité de réformer le communisme.
Cela va donner en 1977 la création de la Charte 77 qui autour de Vaclav Havel regroupe des dissidents et en 1989 la Révolution de Velours qui porte au pouvoir le même Havel.
Dernier effet domino, les Slovaques qui depuis l'écrasement du Printemps de Prague (le printemps a été dirigé par un Slovaque, Alexandre Dubcek qui souhaitait un vrai fédéralismeet la représsion par un autre Slovaque, pro-centralisateur, Gustav Husak au pouvoir jusqu'en 89) ne croient plus au centralisme pragois, préfèrent prendre la tengeante en 1993
la boucle est bouclée...