Bon, ben je vois pas qui ça peut être d'autre, donc :
En des temps forts lointains (1271-1336), Isabelle d'Aragon était devenue la reine du Portugal, par une alliance entre son père, Pierre "le Grand", roi d'Aragon, et son futur mari, Denis Ier roi du Portugal, lui aussi surnommé le Grand (z'ont pas beaucoup d'imagination ces Ibères 😆 ).
Comme toute bonne épouse de grande noblesse, elle se devait d'être une femme fidèle, bonne mère et charitable. Mais cela n'était pas suffisant pour Isabelle, qui se faisait un devoir d'être un modèle de toutes ces vertus :
Epouse modèle car en plus de fermer les yeux sur les infidélités de son mari (jusqu'ici rien de plus normal, et oh, c'est le roi quoi 😛), elle élèvera les bâtards issus de ces unions illégitimes comme ses propres enfants.
Mère exceptionnelle puisqu'elle parvient à réconcilier père et fils en guerre ouverte, et pas qu'une fois !
Enfin, et surtout, reine à la charité modèle puisque, au lieu de se contenter d'écrouelles données à quelques manants à la sortie des messes, ou de simples visites d'orphelinats, comme n'importe quel grande dame de l'époque, elle ne va pas hésiter à dilapider la fortune du royaume en la matière. Au point que son roi de mari lui interdira tout acte de charité !
Cela conduit à l'épisode le plus connu de son histoire, celui qui l'amènera par la suite à la canonisation. En pleine hiver, alors qu'elle part distribuer une bourse bien garnie à des pauvres, elle va être surprise par son mari. Elle n'a alors point le temps de dissimuler le sac ailleurs que sous son manteau, ce qui n'échappe pas au roi. Celui-ci lui demande alors ce qu'elle cache : "des roses" répond-elle.
Le roi n'est pas convaincu, après tout, on est en plein hiver... il lui demande donc d'enlever ce manteau. Et là, miracle ! Un sublime bouquet de roses apparait. Confus et honteux, le roi s'excuse et la laisse partir. Il ne lui demandera plus jamais de compte sur ses agissements.
Trois siècles plus tard, elle sera canonisée sous le nom d'Elisabeth de Portugal.
