Oui, c'est bien Solférino !
Bataille de Solférino, les 23 et 24 juin 1859. Suite à l’attentat sur sa personne perpétré par Orsini, Napoléon III va prendre conscience – de façon bien brutale pour le coup – qu’il a « volé » au peuple italien son indépendance suite à l’intervention de ses troupes en faveur du pape à Rome en 1849, qui abouti à la chute de la jeune république italienne.
En conséquence, il va s’allier avec le seul petit état monarchique de la péninsule qu’il estime capable d’unir la botte : le Piémont-Sardaigne. Fort de ce soutien assez inattendu, le roi piémontais déclare la guerre à l’Autriche, puissance qui occupe la totalité ou presque du nord de l’Italie.
Grâce au transport des troupes par train (une vraie innovation), les Franco-piémontais vont prendre totalement de court les Autrichiens, et les battre à Magenta, puis à Solférino, les contraignant en une courte campagne à signer la paix, leur faisant abandonner toute la Lombardie aux Piémontais. Ce gain ouvre à ces derniers la route de Rome, et, avec le soutien des bandes de Garibaldi, la conquête de toute la péninsule.
Pour la bataille en elle-même, les effectifs gigantesques engagés (350 000 soldats) vont bien évidement déboucher sur des pertes équivalentes. Sauf que, avec le transport en train, qui s’est réduit à l’essentiel côté franco-piémontais, et au repli précipité côté autrichien, le matériel pour le soin aux blessés est quasi-inexistant. Le champ de bataille va devenir un mouroir pour des dizaines de milliers d’hommes, spectacle qui va traumatiser Henri Dunant, un homme d’affaire suisse qui suit l’armée française. Suite à cela, son seul but sera d’éviter que ce genre d’horreur se reproduise, et aboutira sur la création de la Croix Rouge ainsi que la première Convention de Genève.
Pour l’image, il s’agit de la charge d’un régiment de hussards autrichiens sur de l’infanterie française, au matin du deuxième jour des combats, charge idiote et sanglante car, avec l’amélioration de l’armement (en l’occurrence les fusils rayés), la cavalerie perd toute son utilité au cours des batailles rangées.