Ah voilà !
Bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214, où une gigantesque coalition « d’affreux » souverains (véridique, tous ont une réputation au mieux peu enviable, au pire, abominable) va tenter de faire main basse sur les terres du roi de France : on y trouve principalement Jean sans terre, roi d’Angleterre (celui présent dans Robin des bois, où les auteurs n’ont guère eu à forcer ses traits), l’empereur d’Allemagne Otton (excommunié par le pape), ainsi qu’une foule de tourne-casaques notoires Renaud de Dammartin et Ferrand de Flandre, etc… qui changent d’allégeance au fil de leur humeur et de leurs intérêts.
Face à la menace, Philippe Auguste rassemble rapidement quelques troupes et cours sus à l’ennemi, car il sait qu’avec tant d’adversaires, attendre ne fera que les renforcer. La rencontre à lieu à Bouvines où l’impétuosité des chevaliers français, galvanisés par la présence du roi et de l’oriflamme de Saint-Denis (voir image), va pour une fois permettre d’avoir le dessus sur l’armée ennemie plus nombreuse.
Les conséquences sont énormes, puisque Jean sans terre, affaibli et décrédibilisé, devra signer sous la contrainte de ses vassaux la fameuse Grande Charte, premier pas vers une limitation du pouvoir féodal et royal, qui restera en vigueur jusqu’au XIXème. En France, le processus est inverse, puisque la monarchie capetienne sort renforcée de ce bras de fer avec une partie de sa noblesse, qui n’osera plus jamais défier à ce point son roi. En Allemagne, Otton y perd tout simplement sa couronne (au simple comme au figuré puisqu’il s’enfuit avec une telle précipitation du champ de bataille qu’il en perd tous ses insignes impériaux).