On est 1859, et Napoléon III, alors Empereur des Français, décide d’apporter son aide au Piémont-Sardaigne dans sa lutte pour l’unification de l’Italie. Pour cela, il faut déjà chasser les Autrichiens de la Lombardie, pour ouvrir la voie vers Rome.
Les armées franco-sardes vont donc être rapidement acheminées par chemin de fer (une première dans l’histoire), surprenant leur ennemi, qui subit une première défaite à Magenta. Mais à Solférino, la surprise ne tient plus.
De chaque côté, de gigantesques masses d’hommes (350 000 en tout) sont concentrés sur une série de reliefs sous la chaleur suffocante du mois de juin. Pas de savantes manœuvres, ni de ruse, on se rentre dedans sans le moindre génie, espérant faire la différence par le choc et le feu. Une boucherie qui va durer deux jours entiers avant que les Autrichiens ne cèdent finalement sous les coups de boutoirs répétés, et surtout le meilleur armement des Français. Près de 40 000 soldats gisent sur le terrain, avec aucun service de secours disponible puisqu’il n’a fallu prendre que l’essentiel lors de l’acheminement en train. Cette scène d’apocalypse va marquer le Suisse Henri Dunant, au point qu’il en fondera la Croix Rouge, un organisme indépendant qui portera secours aux blessés dans ce genre de situation.