Laurent Labrot de HH dit tout excellemment , rien à ajouter :
Grenoble est pour moi toujours aussi catastrophique , merci Dufour pour ce beau gaspillage :
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A oublier
Au terme d'une rencontre particulièrement médiocre (l'auteur de l'article n'a pas souvenir d'avoir assisté ces dix dernières années à des débats d'un si bas niveau entre ces deux équipes), Rouen s'est imposé sans démontrer grand chose face à des grenoblois qui confirment hélas leur très mauvaise passe actuelle.
Généralement, quand on remporte un succès à l'extérieur, et à plus forte raison à Grenoble, on peut rentrer heureux à la maison. Oui sauf qu'ici l'impression laissée par Rouen n'en fait ni un Champion de France ni une équipe capable de défendre son titre européen, davantage un milieu de tableau de Magnus dans un mauvais soir. En attaque, deux buts assez heureux masquent la pauvreté d'un ensemble clairement orphelin des Mallette et autres Doucet qui eux auraient exécuté grenoble en moins de vingt minutes. Côté Thinel et Desrosiers, avouons que l'on attendait mieux, à défaut de voir sortir des jeunes du banc avec un Guttierez tout de même assez remuant. Défensivement, l'ensemble est lent, avec un bémol pour Salmivirta et Janil, un vrai problème qui pourrait coûter très cher lors des playoffs, même si les normands peuvent compter sur l'expérimenté Lhenry que l'on aurait toutefois aimé voir un peu plus sobre ce soir, mais qui aura à quelques reprises répondu bien présent. Certes Rouen possède les bases d'un jeu collectif qui a sans doute aidé à faire la différence, mais le jeu de puissance n'est guère au point et les retards défensifs coûtent la quasi totalité des 16 minutes de pénalité. Seize minutes contre un adversaire qui sait à minima jouer les avantages numériques, c'est mission impossible. Enfin, le groupe manque clairement de talent, d'individualités qui faisaient le charme et l'efficacité du grand Rouen dont la France du hcokey a toujours besoin.
Peut-on malgré ces très grosses limites voir Rouen terminer fort la saison? Pas gagné avec un coaching au plan de jeu pas très clair, des choix défensifs souvent naïfs, et une absence de carte jeune sur cette rencontre en tout cas. Certes les normands en serrant les boulons pourront passer un tour de playoffs, mais dès qu'il y aura en face des attaquants capables d'inscrire quelques buts et une défense pouvant fermer la porte derrière, ce sera vraiment très difficile sur ce que l'on a vu ce soir. On peut considérer que les Champions de France peuvent globalement mieux jouer et heureusement, on l'espère vraiment car sinon la fin de saison pourrait être synonyme de forte déconvenue et la Coupe d'Europe de naufrage mal venu pour tout le hockey français.
Face à des rouennais franchement prenables ce soir, Grenoble a souligné sa totale incapacité offensive avec un seul but sur exploit individuel. Comment cette équipe qui a réalisé de très bonnes prestations en début de saison se retrouve t'elle avec quatre revers de suite et surtout un niveau de prestation indigne de son effectif et de ses ambitions? Motivation? On veut bien à la rigueur face à Chamonix mais pas face à Rouen. Plusieurs explications déjà évoquées peuvent contrribuer à répondre en partie.
D'une part, le jeu collectif, ce que l'on va appeller fond de jeu, paraît aux abonnés absents, ce qui peut passer quand on domine physiquement ou que l'on peut imposer sa profondeur de banc, mais avec en face un groupe pro qui peut s'aligner sur vous, ce handicap devient fondamental. Notons que le fond de jeu passe par la titularisation de trios offensifs réguliers, ce qui n'a pas été le cas ce soir avec pas moins de 11 compositions de trios différentes envoyés sur la glace pour la seule première période. Si l'utilisation des jeunes paraît une bonne idée, avec au reste certaines grosses occasions créées à l'image d'un Joffre qui a prouvé qu'il pouvait être autre chose qu'un passage sur la glace par rencontre, faut-il faire de telles modifications systématiquement? En considérant ce qui se fait ailleurs, on peut bouger les trios entre les rencontres mais une fois en match, il est logique d'envoyer les mêmes compositions sur la glace.
D'autre part, difficile de trouver un jeu de puissance aussi calamiteux, en Coupe de la Ligue, les isérois tournent à 6,9% de réussite, et 14,58% en Magnus. Pourquoi Grenoble parvient à très bien tuer les pénalités adverses (90,20%) mais pas à bénéficier de l'avantage numérique? Le premier exercice est très dépendant du physique, le second du jeu collectif...
Enfin, le rendement très faible de certains joueurs cadres par rapport à la saison dernière constitue un réel problème, Grenoble ne pouvant se passer des Desrosiers, Ouimet, alors que n'émerge chez les jeunes aucun buteur régulier. Si les défenseurs et Raibon échappent à ces critiques, ils ne peuvent pas malgré le bon comportement offensif des Dusseau et Dufresne (16 points à eux deux) marquer à la place des attaquants, surtout en l'absence de systèmes de jeu prévus pour eux comme c'était le cas en jeu de puissance par le passé.
Tout en s'interrogeant clairement sur la malédiction qui fait que pratiquement aucun joueur étranger ayant évolué à grenoble n'ait proposé une seconde saison meilleure que la première (on remontera à 4-5 ans pour avoir quelques exceptions comme Broz), il ne faut pas oublier non plus qu'à cette même période de l'année, personne ne voyait la saison dernière les grenoblois aller en finale de Magnus. Le problème est qu'actuellement vu le jeu proposé, il semble difficile même parmi les plus fervents supporters de Grenoble d'en trouver pour formuler pareil pronostic."
Edit de sylv38 : le lien de l'article
http://www.hockeyhebdo.com/article-coupe-de-la-ligue-1-2-aller-grenoble--vs-rouen,4177.html