J16 : Les chroniques de l'Olympe
On raconte qu’au lever de l’aube, bien au-dessus des nuages, l’Olympe des Pronostics s’est mis à trembler. Les colonnes vibraient, les fresques se fissuraient, et même les statues des anciens dieux détournaient le regard, comme si elles savaient déjà ce qui allait se produire.
Car ce matin-là, je suis revenu au Panthéon.
Je ne suis pas entré discrètement. Non. J’ai déchiré le ciel d’un éclair, renversé trois amphores sacrées, et j’ai marché sur les dalles en marbre avec un sourire insolent. Les oracles me fuyaient du regard : 25 points, frappés comme un coup de foudre. Quatre vainqueurs domptés, deux scores exacts taillés dans le granit, et même un écart ajusté avec la précision d’Héphaïstos… mais sans la modestie.
Les autres dieux du classement, eux, m’ont vu approcher avec un mélange de terreur et de résignation.
Au sommet du temple, @etien38 et @Yenko, deux figures sculptées comme des jumeaux divins, tentaient tant bien que mal de rester dignes. Certes, ils affichaient 480 points chacun, mais ils avaient beau bomber le torse, je voyais bien qu’ils jetaient des coups d’œil fébriles derrière eux, comme des statues prêtes à se faire pousser du piédestal.
Plus bas, @ofoucher avait entrepris une ascension en mode demi-dieu ambitieux, grimpant de quatre marches dans un souffle venu d’on ne sait quel oracle particulièrement indulgent. @Faust, lui, avait trébuché d’un étage ; on l’a retrouvé grognant contre les Furies, persuadé qu’elles lui en voulaient personnellement, et honnêtement, c’est possible.
Dans les couloirs latéraux du temple, @bonams trainait sa chute comme un satyre un peu trop festif, @fredobru pestait contre un pilier qui l'avait "franchement gêné dans son ascension", et @JiCeZ peinait à recoller les morceaux de ses propres prédictions brisées. @lucie.cry observait tout ça avec un regard désespéré, comme si les dieux l’avaient abandonnée en rase campagne.
Mais à la périphérie du Panthéon, là où les torches éclairent faiblement les escaliers instables, la bataille était plus violente encore. @Go-habs-go bondissait avec la force d’un centaure déchaîné, gagnant cinq marches d’un coup comme si un vent divin le poussait dans le dos. @bartoch, lui, surgissait avec un +4 qui ressemblait fortement à une intervention discrète d’Hermès. @renton3869, porté par un souffle mystique, s’élevait aussi de cinq niveaux, l’air de ne pas comprendre lui-même comment il avait atterri là.
Mais le Panthéon n’est pas tendre.
@whytea et @fredio38, frappés chacun d’un cuisant -5, dégringolaient les marches comme deux vieillards qui auraient prié le mauvais dieu au mauvais moment. Rien de personnel, évidemment, juste les lois cruelles de l’Olympe. @BDL38, lui, a dévalé six niveaux d’un coup, emporté comme un cyclope qui rate une marche et renverse tout le mobilier sacré. @Chelardinho est tombé de quatre niveaux avec l’élégance d’un gladiateur qui glisse sur une peau de raisin.
Dans tout ça, les vieux sages du Panthéon, @PapyAlain et @marti2, assis sur leurs colonnes antiques, observaient la scène d’un air qui se voulait impassible et ont réussi à préserver les apparences. Mais ce n'était pas encore assez bien à leur goût et on les a vus se tenir le dos et maugréer des insultes qu’on n’enseignait même plus dans les temples. On dirait qu’à leur âge divin, même les dieux manquent d’amorti.
Et tandis que tout ce petit monde tentait de retrouver son équilibre, moi, j’avançais au centre du Panthéon, mes pas résonnant comme des jugements divins. Chaque colonne semblait s’incliner, chaque torche vacillait, chaque dieu ou mortel s’écartait d’un pas.
J’étais là pour rappeler une simple vérité :
dans les mythes, il y a les héros…
il y a les demi-dieux…
et il y a les divinités qui décident du destin des autres.
Aujourd’hui, c’était moi.
Et demain ?
Je verrai selon mon humeur. Peut-être que je renverserai encore le ciel. Peut-être que je laisserai à d’autres l’illusion de respirer.
Être un dieu sans vergogne… c’est un vrai plaisir.