
Bilan de saison 2014-15
Pour son grand retour un ligue Magnus, le moins que l’on puisse dire est que cette saison fut véritablement décevante pour les Lions, alors que l’effectif était clairement prometteur. Implication pas forcément exemplaire, longue absence du gardien titulaire, relation difficile entre entraîneur et joueurs, une combinaison mortelle qui a bien plombé l’année lyonnaise. Heureusement, l’effectif a su se remobiliser pour les playdowns, et donner une nouvelle chance de briller au plus haut niveau pour la saison suivante.
Bien sûr, tout n’est pas à jeter de cette saison 2014-15. Quelques éléments ont su tirer leur épingle du jeu, comme le trio Corréia – Laberge – Lebey, donnant ainsi des bases sur lesquelles construire. Mais ils sont bien peu nombreux, et la lessive fut en conséquence énorme.

Intersaison 2015
Staff
François Dusseau (entraîneur)
Stéphane Gachet (assistant)
La saison fut bien compliquée pour le coach Dusseau, qui a montré ses limites quant à la gestion de ses joueurs, ou la construction du jeu. Elément encore présent pour la saison à venir, le staff des Lions a pris acte de ses manques et a donc recruté en conséquence un adjoint compétent en la personne de Stéphane Gachet, afin de pallier les points noirs de l’entraîneur. Une bonne approche, qui semble porter ses fruits puisque l’effectif semble disposer déjà d’un esprit bien plus combatif que le précédent.

Gardiens
Changements
Kristin → Etranger
Tommy Virtanen (G n°1)
Un gardien très vif, au potentiel intéressant, qui a déjà su démontrer rapidement l’étendue de son talent et la qualité de ses arrêts réflexes, sans même parler de son attitude irréprochable sur et en dehors de la glace. Une très belle acquisition, qui mériterait de rester quelques temps en Magnus.

Landry Macrez (G n°2)
Un des tous meilleurs gardiens n°2 disponibles actuellement, signe que les Lions ont bien retenu la leçon de la saison passée, avec un n°1 absent la plus grande partie du temps. Si cela doit se reproduire dans une année aussi cruciale, Macrez permettra de limiter au maximum la casse grâce à son expérience.
Défense
Changements
Meilleur → Tomko
Parker → Lippojoki
Millerioux → Burlin
Hirvonen → Styf
Trefny → Custosse
Girod/Lapointe → Lahericey
Le général
Jarno Lippojoki : quel plaisir d’avoir enfin un vrai quart arrière pour relancer l’attaque et apporter le surnombre dans la zone adverse, ceci depuis la saison dernière où il s’est littéralement libéré offensivement. De plus, son expérience fournie en Liiga, où il a appris à bien défendre, lui donne une double étiquette qui le rend précieux, sans même parler de ses qualités de meneur d’hommes, confirmées par le statut de capitaine puis d’assistant au cours de ses dernières années en Finlande.

Joueurs à surveiller
Slavomir Tomko : on a ici un peu le même genre d’arrière que Lippojoki , très complet, grâce à une vision du jeu et une mobilité au-dessus de la moyenne. Très bon techniquement, Tomko est tout aussi dominant et rassurant dans son propre camp. Nul doute qu’il saura mener à la baguette aussi bien l’avantage numérique que la projection dans le camp adverse à égalité.
Johan Burlin : à nouveau, arrière assez complet, au gabarit imposant, sachant imprimer sa présence dans sa zone pour annihiler les jeux adverses, pour ensuite proprement relancer son équipe en attaque. De plus, il est tout à capable de réaliser de jolies remontée de palet par lui-même, ce que ne laisse guère supposer sa taille ou sa vitesse. A l’instar de Tomko, il a un joli CV de globe-trotter, avec des championnats assez divers à son actif, ce qui garanti son adaptation.
Nicolas Lehericey : un jeune arrière qui commence tranquillement à s’épanouir, et du coup à gagner le statut de titulaire, avec un jeu assez complet, même s’il manque encore un peu de caractère et de kilos pour s’imposer physiquement face à ses adversaires. Quoiqu’il en soit, la concurrence est rude et garantie son implication jusqu’au bout.
Autres
Oliver Styf : un arrière au profil plutôt offensif, mais un peu juste techniquement ou physiquement pour pratiquer ce type de jeu en Magnus. De plus, il a une petite tendance à se faire marcher dessus lorsque cela frotte. Il reste néanmoins bien impliqué et a une attitude irréprochable, d’autant plus qu’il est un fidèle de l’équipe, chose importante pour constituer un noyau fort sur lequel construire.

Cédric Custosse : un jeune vétéran qui commence tout doucement mais tranquillement à rentrer dans ses meilleures années, confirmant le potentiel entrevu lors de ses années en junior. Assez complet, il a malheureusement les mêmes défauts qu’un Lehericey, qui sont un manque de hargne et de caractère dans leur zone, ce qui apparaît d’autant plus qu’ils ne sont pas très imposant.
Jules Breton et Victor Vitton-Mea : avec le nombre d’absents en ce début de saison pour cause administrative, l’un comme l’autre ont beaucoup de temps de jeu, et ils se montrent plutôt à leur avantage, sachant rendre difficile l’approche de leur cage pour l’attaque adverse. Après, il ne faut guère leur demander plus. Ils constituent donc de bons renforts comme n°7, pouvant dépanner momentanément sur la 3ème paire, et mettent un peu de concurrence pour l’attribution des places de 5 et 6, garantissant ainsi l’implication de tout le monde.
Tomko (LD) – Lippojoki (LD)
Une paire solide pour gérer les gros trios adverses. Avec deux joueurs tout aussi capables l’un que l’autre de projeter le jeu vers l’avant.
Styf (LD) – Burlin (RD)
Un arrière offensif avec un autre plus complet pour une paire assez équilibrée.
Custosse (LD) – Lehericey (LD)
Une paire de jeunes arrières assez complets, mais manquant tout de même de physique.
Breton (LD) – Vitton-Méa (LD)
Deux jeunes vétérans pour apporter un peu de concurrence au sein des défenseurs de la place de 5 à 8
On a là une défense assez atypique, avec peu ou pas de joueurs se restreignant à un seul rôle, mais plutôt une série d’arrières aux profils assez complets, maîtrisant le jeu dans les trois zones. Un aspect intéressant qui permet à Lyon de développer un jeu simple et surtout similaire pour l’ensemble de son arrière-garde, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il sera aisé de le déjouer, bien au contraire, puisque chaque défenseur est capable de remplir le rôle de son coéquipier, pas moyen donc de cibler un tel à l’échec avant ou face à qui jouer en zone offensive, ou encore couper les lignes de passes d’un autre.
Attaque
Changements
Biniek → Langelier-Parent
Gadoury → Sivic
Ouellet → O’Donell
Couture → Galdbraight
Eriksson → Benoît
Franck → Sabatier
Raibon → Métais
Figon → Joly
Gignier → Bourguignon
Le maître à jouer
Connor O’Donell : un attaquant qui a tout d’abord commencé à apprendre le hockey dans des rôles ingrats en OHL sur les trios 3 et 4, y apprenant à la dure un jeu défensif, intense, et surtout très rude. Puis l’universitaire l’a libéré offensivement, faisant de lui un très bon créateur de jeu. Malheureusement, son passage au hockey européen s’est jusqu’ici assez mal concrétisé, tant la saison dernière que le début de celle-ci. Attendons tout de même de voir un peu plus avant de juger, car le potentiel est indéniablement là.
Le buteur
Jonathan Laberge : une des révélations de la précédente saison qui, depuis qu’il est à Lyon, ne fait que progresser offensivement, montrant réellement tout son potentiel, ce qu’il n’avait fait que par séquence jusqu’ici en Amérique du Nord. Il y a gagné un A sur son chandail, et une place sur le premier trio, ce qui n’avait rien de gagné au départ. En plus d’un talent pour trouver le fond du filet adverse, il se dépense sans compter sur le glaçon, et c’est exactement le genre de mentalité souhaité pour cette saison chez les Lions.

A surveiller
Maxime Langelier-Parent : un avant avec beaucoup de potentiel, concrétisé par une demi-saison dans le club ferme du Lightning de Tampa Bay. Pas mal de poisse ne lui a jamais permis de concrétiser toutes ses occasions, des blessures (dos, hanches) venant ainsi ralentir voir mettre fin à ses perspectives de carrière à haut niveau. Reste que le potentiel et le gabarit sont toujours là, maintenant, à voir si l’envie le sera aussi, ce qui n’a rien d’évident après tant de désillusion, sa précédente expérience de ce côté de l’Atlantique étant plutôt décevante. Mais si cela marche, son jeu intense et physique, ainsi que ses bonnes mains, devraient faire malheur.
Julien Lebey : un joueur qui a su tranquillement mais sûrement tracer son chemin depuis la quatrième ligne morzinoise lors de la montée de 2004-05 a une place incontestable et incontestée sur le top 6 lyonnais, avec de superbes playdowns la saison dernière, portant littéralement l’équipe avec Laberge, tout en montrant une implication constante durant l’année. Pas de raison donc pour qu’il lève le pied, d’autant qu’il est dans ses meilleures années.
Fabien Métais : un jeune avant qui commence tout juste à concrétiser en sénior le talent offensif qu’il a développé en junior. De quoi bien renforcer un 3ème trio en lui apportant la fougue de la jeunesse et une capacité à marquer toujours la bienvenue. A lui maintenant de continuer sur cette lancée en accumulant toujours plus de temps de glace.
Autres
Mitja Sivic : travail et intensité étant les maîtres mots de l’équipe lyonnaise pour cette saison, rien de surprenant à ce que le choix du capitanat revienne à « notre » Slovène expatrié dans la capitale des Gaules. Par contre, il ne faudra pas s’attendre à un jeu physique de sa part, ou un travail défensif intense, mais vu la composition du reste de l’effectif, cela n’est pas grave. Mitja a clairement été pris pour placer des contres et faire payer la moindre faute adverse par sa pointe de vitesse et son flair offensif.
Vikhael To-Landry : un attaquant de puissance, n’hésitant pas à aller dans la bande ou devant le gardien adverse accomplir les tâches ingrates malgré son gabarit pas forcément adapté pour de tels rôles. Point positif, il dispose des mains nécessaires pour faire bien mieux que se contenter du sale travail, et conclure les jeux construits par ses coéquipiers.

Eric Galbraith : un attaquant de puissance (un de plus) à l’attitude exemplaire, au gabarit imposant, mais sachant jouer avec intensité, et surtout de façon propre, dans les deux sens de la patinoire. Un peu le même type de joueur qu’un To-Landry dans son caractère et ses habiletés, mais avec le physique pour l’emploi en plus. Un attaquant n°7 de luxe, qui améliorera grandement un 3ème trio en faisant de la place au remuant Corréia ou à l’offensif Métais, mais qui pourrait aussi évoluer sans problème sur le top 6.
Julien Corréia : un attaquant au format de poche vif, insaisissable et donc très dur à déposséder du palet. Il dispose de bonnes mains lui permettant de produire de façon décente, mais a un fâcheux défaut : il en fait toujours trop. Simplifier un peu son jeu, avec un mouvement ou une accélération en moins, le rendrait bien plus efficace, et surtout lui offrirait une place incontestable sur le top 6. Mais d’ici là, il est cantonné à plein effectif sur la troisième ligne.
Loup Benoît : un jeune attaquant grenoblois au style assez complet parti glaner du temps de jeu à Rouen, sans pour autant y parvenir à faire son trou, malgré une progression, mais bien modeste. Au moins, à Lyon il aura une vraie possibilité d’aller chercher une place sur un 3ème trio, ce qui est un bon objectif à la hauteur de son potentiel.
Maxime Joly et Damien Bourguignon : deux jeunes passés par la formation rouennaise en junior, qui se retrouvent ici, avec cette fois un peu plus d’expérience, pour compléter la ligne d’énergie de l’équipe.
O’Donell (C/LW) – Langelier-Parent ©– Sivic (RW)
Un passeur, un travailleur et un buteur. Normalement, cette combinaison devrait marcher.
Lebey (F) – Laberge © – To-Landry (RW)
Trois joueurs qui se connaissent, avec des profils se complétant.
Métais (F) – Corréia (F) – Galdbraight (F)
Là encore, des styles de jeu complémentaires, avec l’intensité et l’application en plus nécessaire à une ligne de contrôle.
Benoît (F) – Joly (F) – Bourguignon (F)
Une ligne d’énergie décente, avec de l’expérience et quelques modestes habiletés offensives.
Au final une attaque cohérente, assez bien équilibrée, mais qui a tout de même quelques défauts : un seul meneur de jeu, et pas de véritable gâchette capable de débloquer les compteurs à tout moment. Sivic a été ce joueur dans sa jeunesse, mais ne l’est désormais plus. Par contre, cette offensive dispose à foison de joueurs de puissance, ou très intense dans leur façon de jouer. De même, on retrouve cette particularité de style de jeu similaire d’un trio à l’autre, comme pour la défense, avec donc des schémas tactiques à appliquer identiques, ce qui facilite le passage d’une ligne à l’autre ou encore la rapide intégration du fond de jeu, ce qui se voit déjà.
Perspectives
Avec le retour de quelques âmes du club qui l’ont fait monter en 2014, les Lions se sont assurés d’une solide base, et ont su s’attacher les services de joueurs d’équipe, intenses et besogneux, sans pour autant en faire un effectif de plombiers. L’originalité vient du fait d’avoir des éléments aux profils assez similaires d’une ligne à l’autre, certainement dans le but de faciliter l’intégration rapide du style de jeu lyonnais, ce qui permettra de pousser son application à son efficacité maximum assez rapidement dans la saison. De quoi grappiller quelques points essentiels dans la lutte pour le maintien, et pourquoi pas une place en PO si les choses se passe bien. Ce qui est sûr, c’est que Lyon sera une équipe bien compliquée à manœuvrer.
