Dans ma vision du coach d'un sport co, il y a moults paramètres à prendre en compte :
l'optimisation de l'effectif disponible et la recherche de la performance immédiate et durable, afin d'atteindre les objectifs fixés, ici le titre en Magnus,
l'anticipation des problèmes qui font que l'effectif disponible d'aujourd'hui ne sera pas forcément l'effectif disponible de demain (blessures, départs, suspensions...),
la gestion du calendrier,
- le facteur humain, ou chaque individualité de l'effectif disponible aspire en théorie à un maximum de responsabilités, et ou les égos sont à ménager ; j'ai eu à ce sujet deux ou trois discussions fort intéressantes la saison dernière avec des membres du staff, et il ne faut surtout pas s'imaginer que, parce que l'ambiance est bonne et que "le groupe vit bien", il n'y a jamais de friction avec un joueur qui se voudrait attribuer un rôle plus important.
Ceci posé, on comprend bien que le problème va bien au delà de savoir si le coach a raison ou pas de maintenir ses lignes entre les matchs de Chamonix et Anglet mi-septembre. Son rôle, ce pour quoi il sera jugé en fin de saison, est de s'approcher au maximum des objectifs fixés, et il doit pour cela avoir un effectif au maximum de son rendement physique, technique, tactique et mental pour les Play-Offs.
Partant de là, la saison régulière doit surtout être vue comme des périodes ou des tests peuvent et doivent être faits, car ils peuvent justement se faire à peu de frais pour des équipes comme Rouen ou Grenoble dont les effectifs sont sur le papier assez largement au dessus de leurs confrères de Magnus. Quand je parle de faire des tests, ça n'implique bien évidemment pas de tout changer à tous les matchs, mais au contraire de laisser sa chance à toutes les configurations de s'étalonner sur un nombre de matchs suffisant. En 44 matchs répartis entre mi-septembre et début février, ça laisse de la place pour tester pas mal d'idées.
La gestion du calendrier et les résultats sportifs ont bien entendu également une influence importante sur la marge de manoeuvre du coach. Dit autrement : si je suis premier du classement avec 10 points d'avance et que j'enchaine un bloc de matchs Anglet, Chamonix, Strasbourg et Nice, on se donnera une marge de manoeuvre dans les tests plus importante qu'en étant 6ème en préparant un bloc de matchs Rouen, Gap, Bordeaux et Angers. En ce sens, ne pas avoir à trop se poser la question d'une présence ou non dans le top 4 en fin de saison est un vrai luxe que nous partageons avec Rouen. Se servir de cet avantage doit permettre de multiplier les combinaisons travaillées afin de réduire l'impact des aléas qui surviendront pendant les Play-Offs.
Application concrète à notre situation du moment : la ligne Latendresse - Champagne - Legault semble marcher à merveille ? Parfait, vraiment parfait, sauf que si Leclerc - Da Costa - Fleury ne fonctionne pas dans le même temps, je n'optimise pas forcément mes ressources globales. Perso, dans tous les cas de figure, je laisse à ces alignements 4 à 5 matchs pour s'exprimer, et je change de configuration pour le bloc suivant, en gardant bien entendu en tête que j'ai une solution a priori efficace avec la première ligne citée.
Bref, je déblatère sur de la théorie tout en ne maitrisant que peu de paramètres nécessaires pour se faire une opinion pertinente. Mais diable, on est là aussi pour ça^^.