C’est aussi le problème de notre société actuelle, où là latitude pour s’exprimer (que ce soit aux personnes de couleur, aux femmes, aux personnes non hétérosexuelles, etc…) est de plus en plus réduite.
Il semble relativement certain que tout le monde a entendu le rouennais répéter « gorille ». Le disait-il avec une connotation raciste ou simplement, comme évoqué dans je ne sais plus quel message, en évoquant une personne imposante et prompt à passer à l’action ? (Comme nous utilisons le terme gorille en France pour désigner les gardes du corps par exemple) Nous ne saurons jamais la vérité. Le joueur incriminé et ses partisans nieront toute once de racisme alors que la victime présumée et ses supporters l’ont interprété comme tel, à raison ou à tort.
Si c’est une maladresse du rouennais, alors effectivement le plus simple aurait été d’aller en personne s’excuser pour dissiper le malentendu. Ayant laissé faire ses coéquipiers et ne s’étant pas lui-même excusé ou expliqué depuis (il n’a d’ailleurs même pas assumé puisque son nom n’est, il même semble, toujours pas officiellement sorti), il est pour moi le premier fautif de l’ampleur que prend cette affaire et perd de plus en plus en crédibilité au fur et à mesure que son silence s’éternise.
La plainte pour diffamation de Rouen me semble également une énorme et grossière erreur tant il semble admis par l’ensemble des acteurs que le terme « gorille » a été prononcé. Aucune chance donc que la diffamation soit retenue, et Rouen a tout à y perdre tant en terme d’image que sur le fond de l’affaire, car une fois que l’utilisation de ce mot aura été officiellement admise par un tribunal, toute leur défense va voler en éclat, et il sera impossible de revenir en disant « il a prononcé gorille mais sans mauvaise intention ». Le joueur devra alors être sanctionné si ce n’est par le club au moins par la fédération, voir plus haut si l’IIHF s’en mêle comme en Hongrie