Beaudelaire est un auteur, quelqu'un qui maîtrisait déjà la langue à son époque de manière bien plus poussée que le quidam. J'espère bien que nos auteurs d'aujourd'hui savent accorder les noms composés, employer des mots que personne ne connait, ou conjuguer des verbes à des temps que je ne connais même pas. Pour autant même à cette époque il y avait des illettrés, et certainement bien plus qu'aujourd'hui, et on va nous redire que c'était mieux avant. Et ça m'a toujours fait marrer tous ceux qui pensent que les gens lambda parlaient et écrivaient comme Beaudelaire 😉 ils étaient vraiment super forts avant...
Il n'empêche, c'est insultant pour Beaudelaire de penser que n'importe quel élève aura son niveau à la fin de ses études, de la même manière que n'importe quel élève n'aura pas mon niveau en informatique : chacun sa spécialité, et ça demande du temps de tout connaître, temps qui n'est pas forcément disponible à l'école surtout devant la multitude des compétences à avoir. On ne forme pas des Beaudelaire. Et je préfère que les choses soient équilibrées, qu'on passe notre temps à apprendre des choses utiles, et qu'on libère le reste pour des choses toutes aussi utiles (un élève d'aujourd'hui a besoin d'être compétent dans de nombreuses disciplines, et ces mêmes disciplines, de part le progrès, sont de plus en plus pointues). Beaudelaire c'était peut être une quiche en maths, personne n'est aller s'en plaindre, chacun son truc c'est tout. Mais parler de nivellement par le bas en disant que Beaudelaire se retournerait dans sa tombe.... paie ton argument. Toutes façons Beaudelaire ne s'est pas retourné dans sa tombe, donc la réforme est bien (ça aussi c'est de l'argument !).
Allez on ajoute encore que le français a toujours évolué depuis... toujours, en général toujours dans le sens d'une simplification. Alors si vous êtes si attaché aux origines de la langue française et aux oignons, et comme vous habitez à Grenoble au milieu des montagnes, je vous invite à l'écrire désormais montaigne, comme en ancien français ! (montagne a subit la simplification qu'oignon n'avait pas eu droit tout simplement parce qu'on écrivait i devant gn, mais qu'il ne se prononce pas...). Ne pas accepter de simplifier oignon, ça revient à refuser la simplification de tous les mots en gn qui s'écrivaient ign avant.
En fait je crois que chacun est surtout attaché à ce que lui a appris (et ça diffère déjà d'une génération à une autre), et comme on l'a appris avant, on pense que c'est mieux. Pourtant il y a des gens qui ont appris un autre français avant nous, que plus personne n'utilise... et c'est tant mieux !
Bon puis la démagogie ça va un moment mais il n'est NULLE PART question de faire sauter les ph dans cette réforme...