
Bilan de saison 2014-15
La dernière saison a vu la mise en place d’un projet ambitieux, concrétisé par le passage en SASP et la construction d’un bel effectif, s’appuyant sur quatre lignes afin de se préparer aux futures joutes au niveau supérieur. Le tout fut couronné de succès, avec une saison dominée de bout en bout, aboutissant à un retour en Magnus, attendu depuis bien longtemps sur les bords de la Garonne. Beaucoup de satisfaction du côté des joueurs, avec une équipe soudée, et pas mal d’éléments capables de réaliser la transition D1/Magnus sans trop souffrir de la – grosse – marche à franchir.
Mais ce n’est pas pour autant suffisant pour se maintenir, et les Boxers ont plus que su s’armer, et surtout créer le « buzz » autour de leur recrutement. Une intersaison menée tambour battant, une bonne nouvelle entrainant l’autre, ce qui a certainement permis d’arracher quelques jolis noms à des prix imbattables. Mais pour arriver à cela, exit une très grande partie des joueurs étrangers, exception faite des Bordelais d’adoption Paquin et Majercak, ainsi que du Russe Esipov. C’est le prix à payer pour être performant au niveau supérieur. Reste tout de même un solide et étoffé noyau du précédent exercice sur lequel bâtir pour conserver la dynamique positive.

Intersaison 2015
Staff
Thierry Parienty (président)
Stephan Tartari (directeur sportif)
Martin Lacroix (entraîneur)
Un staff jeune, dynamique et compétent, qui a su grâce à un projet séduisant convaincre de très bons joueurs de venir évoluer sous ses couleurs pour la saison à venir, ainsi que réussir à élever de façon plus que significative le budget du club, ce qui devrait plus qu’être suffisant pour propulser ce promu à une confortable place dans la hiérarchie française. La paire Lacroix/Tartari est parfaite pour le job, l’un comme l’autre disposant du bagage nécessaire pour mettre dans de bonnes conditions l’équipe, tant à court terme sur la saison à venir, que dans un temps plus long au sein du championnat.

Gardiens
Changements :
Aucun !
Sebastian Ylönen (gardien n°1)
Un jeune gardien qui a su peu à peu se remettre de débuts assez désastreux en élite, en partant chercher du temps de jeu au niveau inférieur. Une démarche utile, puisque, car, disposant déjà du potentiel, cela lui a enlevé la pression des épaules, lui permettant de gravir correctement les échelons, pour devenir titulaire dans un club ambitieux. Cette pression reviendra-t-elle avec l’accession en Magnus ?
Mickaël Gasnier (gardien n°2)
Un bon n°2, bien meilleur que dans la grande majorité des autres clubs, car disposant de pas mal d’expérience et ayant endossé à plus d’une reprise le chandail de n°1. Néanmoins, il n’a jamais évolué en Magnus. Comment réagira-t-il ?

Défense
Changements :
Dradzen → Besch
Obuch → Janil
Boubé → Dusseau
Le général
Nicolas Besch, par son expérience, ses qualités et son style de jeu assez complet devrait être le général de cette défense. Un arrière propre et mobile, capable d’apporter le surnombre mais surtout bon à la relance. Ses années en Pologne montrent qu’il est capable de prendre des responsabilités dans le jeu, mais cela sera-t-il suffisant par chez nous ?

Joueurs à surveiller
Andrei Esipov : faire venir un joueur de KHL en D1 avait été une petite sensation de la part des Boxers la saison dernière. Pur arrière défensif, Il sera désormais un peu plus à sa place en Magnus, où il continuera à faire bénéficier les lignes arrières bordelaise de son expérience. Mais a-t-il encore suffisamment d’énergie dans le réservoir ?
Kévin Dusseau : après une nette progression de Briançon à Grenoble, où il a su améliorer son jeu défensif et confirmer peu à peu ses habilités offensives, ses années picardes ont plutôt rimées avec stagnation. C’est donc une seconde chance qui se présente ici pour lui, ainsi qu’une opportunité d’exercer ses talents dans un environnement un peu plus serein.
Jonathan Janil : après plusieurs excellentes saisons sous les couleurs du dragon, où cet arrière « complet » est devenu un taulier, son dernier exercice fut plutôt en dent de scie. Pour lui aussi, c’est donc un nouveau départ, avec plus de responsabilités à la clé puisqu’il passe du top 4 au top 2.
Autres
François Paquin et Jan Majercak : curieuse et similaire trajectoire qu’ont ces deux là : excellents arrières offensifs dans leur jeunesse, devenus des piliers de l’escouade défensive bordelaise au fil de leurs nombreuses saisons sur les bords de la Garonne, ils se sont finalement concentrés sur leur jeu défensif, pour devenir de très bons arrières capables d’évoluer avec aisance dans les trois zones. Maintenant, à voir si la marche D1/Magnus sera trop haute, mais étant donné qu’ils sont là pour évoluer sur une 3ème paire, cela enlève beaucoup d’attentes et de pression sur leurs épaules.

Aymeric Gillet : il sera en concurrence directe avec les deux précédents, mais part avec une longueur d’avance grâce à son expérience en Magnus et surtout au fait qu’il est droitier. Capable de contribuer offensivement en marquant des buts importants, et disposant de bonnes capacités défensives, il est aussi prompt à commettre des « gaffes » à vouloir trop en faire. Quel visage aura-t-il cette saison pour son retour au plus haut niveau ?
Janil (LD) – Besch (LD)
Une « grosse » première paire, complémentaire et plutôt capable de gérer les meilleurs trios adverses.
Esipov (LD) – Gillet (RD)
Le meilleur arrière défensif de l’équipe pour compenser les petites bêtises de Gillet, avec au final une paire assez complémentaire. Reste un problème de mobilité.
Dusseau (LD) – Majercak (RD)
Là encore, la complémentarité est de mise à tous les niveaux pour une troisième paire de bon niveau.
+ Paquin (LD)
Le capitaine mériterait une place parmi les titulaires, mais l’escouade manque de droitier. Il reste un n°7 de luxe pouvant faire des rotations à chaque match et remplacer à pied levé un blessé/suspendu.
Très grosse amélioration dans ce secteur, avec l’arrivée de trois internationaux, qui apporteront bien plus de talent, d’expérience, de profondeur et de gabarit – sans pour autant nuire à sa mobilité – à l’escouade défensive. Sachant que le probable talon d’Achille de cet effectif réside en ses gardiens, renforcer significativement l’arrière-garde était la condition sine qua non pour assurer au maximum la saison à venir. C’est chose faite avec l’arrivée de ces trois ex-rouennais qui, même s’ils n’ont pas encore évolué ensemble en élite, se connaissent déjà bien grâce à l’équipe de France.
Plusieurs points faibles néanmoins dans cette escouade : le manque de droitier capable d’évoluer sur un top 4, et surtout d’un véritable joueur d’impact capable de prendre la place de n°1. Certes, Besch, Janil, Esipov et Dusseau constitue un joli top 4, mais ce sont des lieutenants, pas des généraux.
Attaque
Changements :
Desrosiers → Desrosiers
Fournier → Petit
Kulha → Charland
Hampl → Gauthier
Zelinska → Cyr
Zemva → Valier
Paradis → Tarantino
Le maître à jouer
Julien Desrosiers : un heureux concours de circonstances a permis l’arrivée de la recrue de l’intersaison pour les Boxers. Un maître à jouer de luxe, capable aussi de marquer, et qui sera sans nul doute épanoui dans son nouvel environnement. Le fait qu’il dispose de très bons automatismes avec Charland, un buteur hors pair, est un plus indéniable. Il est tout à fait possible qu’il soit le futur capitaine de l’équipe.
Le buteur
Francis Charland : meilleur buteur de deux des trois derniers exercices, dont le dernier avec Desrosiers à ses côtés. Nul doute que les deux vont continuer à faire des étincelles sur les bords de la Garonne. Il devra néanmoins prouver qu’il est capable de mieux faire en PO, même si ces dernières ressemblent plus à un accident de parcours – à l’instar de sa saison grenobloise – qu’une mauvaise habitude.

A surveiller
Felix Petit : un maître à jouer énergique, travailleur, rapide et capable de faire la passe parfaite dans le trafic. Un sacré plus alors que l’équipe dispose déjà de Desrosiers pour ce rôle. Autant dire qu’il évoluera sans pression. Par contre, ce serait une erreur de les réunir car, même si cela pourrait créer une ligne inarrêtable, le rendement de la seconde ligne en pâtirait grandement, sans compter que les équipes auront bien plus de facilité à contrôler une seule ligne dangereuse plutôt que deux.
Thomas Decock : sa dernière saison Magnus, avant son retour dans sa région natale et après ses gros ennuis de santé, avait été excellente. La barre est donc haute, mais ce joueur exemplaire et au grand cœur à tout ce qu’il faut pour la renouveler. Un bon ailier travailleur pour le second trio bordelais.
Jean-Christophe Gauthier : un excellent buteur, technique et dans ses meilleures années. Il marche néanmoins un peu en courant alternatif d’une saison à l’autre, et la prochaine est dans le creux… d’autant qu’avec bien plus de talent offensif dans l’escouade des Boxers que dans celle de Caen, il aura moins de minutes pour évoluer sur le glaçon. L’associer à Petit pourrait lui garantir une bonne production.
Mathieu Cyr : un centre travailleur, rapide et disposant d’habilités offensives correctes, qui a gravi peu à peu les échelons en France, depuis la D3 jusqu’à désormais l’élite, progressant de façon constante. Une attitude irréprochable tant sur la glace que dans le vestiaire lui ont de plus valu un C et plusieurs A sur son maillot. Un recrutement malin de la part de Bordeaux.
Autres
Lionel Tarantino : Les deux dernières années de ce joueur ont été pourries par des blessures, le coupant en pleine et prometteuse progression. Il a pourtant les moyens de devenir un très bon atout pour la troisième ligne, mais reprendra-t-il au même point ?
Aina Rambello : un jeune joueur de PO et travailleur de l’ombre, un peu juste pour un 3ème trio, mais au profil néanmoins utile. De plus, plusieurs joueurs pourront prendre sa place s’il déçoit à ce poste. A lui de démontrer qu’il le mérite.
Peter Valier : le joueur parfait pour une ligne de contrôle, rapide, avec de bonnes mains, et tout à fait capable d’agir comme remplaçant sur de meilleures lignes pour de courtes périodes, en attendant qu’il reprenne sa progression (ou plutôt qu’il rentre enfin dans son casque et ses patins).
Romain Horrut, Vincent Cadren, Nicolas Mariage : trois Bordelais aux parcours, profils et habilités assez similaires. Tous dans leurs meilleures années, responsables défensivement et capables de contribuer offensivement, totalement dévoués à leur club. De plus, ils ont chacun ce qu’il faut pour évoluer sur un 3ème trio si cela s’avère nécessaire.
Gautier Lafrancesca : un vétéran qui a certes baissé de rythme, mais qui, pour remplir un rôle sur une dernière ligne, est un bon atout.

Desrosiers (C/LW) – Cyr © – Charland (RW)
Les trois ingrédients d’une ligne équilibrée sont présents ici : un faiseur de jeu, un buteur et un travailleur. Inutile donc d’ajouter un faiseur de jeu supplémentaire en la personne de Petit, qui forcerait à partager entre lui et Desrosiers la possession de la rondelle, au détriment de l’efficacité offensive de l’équipe.
Decock (F) – Petit © – Gauthier (C/W)
A nouveau un trio équilibré, qui permettra de disposer d’une deuxième ligne productive offensivement.
Tarantino (LW) – Rambello (F) – Valier (F)
Une ligne de contrôle correcte pour la Magnus, mais qui reste trop juste si les Boxers veulent aller loin dans la course au titre.
Mariage (F) – Horrut (F) – Cadren (F)
Par contre, la ligne d’énergie est excellente, avec des joueurs expérimentés, responsables et capables de contribuer offensivement.
+ Lafrancesca (F)
Et un attaquant supplémentaire d’expérience pour compléter les trios en cas de blessure, suspension ou mauvaise performance en cours de match.
Clairement le secteur le plus renforcé du recrutement, avec ni plus ni moins que les trois meilleurs pointeurs de la dernière saison. En plus de cela, des choix intelligents ont été fait, tant pour compléter le reste du top 6 que le restant des joueurs de soutien. Une petite remarque néanmoins : le manque de droitiers, à peine au nombre de deux sur 13. Heureusement, ces deux peuvent évoluer en PP.
Perspectives
Au final, on peut dire que Bordeaux a géré de main de maître cette intersaison, sachant renforcer de manière significative son effectif tout en sachant conserver un solide noyau du précédent exercice (les mauvaises langues diront qu’on a un Rouen bis, avec 10 joueurs formés ou passés par le RHE76). Pour compenser la jeunesse des portiers, l’expérience est là pour tout le reste de l’effectif, de la première à la dernière ligne. Il manque peut-être un peu de charisme dans la défense (contrairement à l’attaque, où l’inverse pourrait produire quelques étincelles dans le vestiaire), ainsi que de droitiers sur l’ensemble du groupe. La plus grande interrogation vient bien sûr des gardiens, avec deux joueurs qui ont un historique pas forcément en leur faveur lorsqu’il s’agit d’évoluer sous pression. Reste que l’équipe est belle, et disposant de ce qu’il faut pour aller loin dans toutes les compétitions.

Pronostic : 2ème place au mieux, 11ème au pire.