
Bilan de la saison 2013-14 :
Enfin un titre à accrocher au tableau des Ducs ! Il a fallu attendre plus de 7 ans et 8 finales pour conjurer (c’est le cas de le dire) le mauvais sort et arracher cette coupe de France de belle manière face au grand rival rouennais. La saison n’a pourtant pas été sans remous, avec la mise à l’écart de l’entraîneur Alex Stein, choix guère surprenant lorsque l’on connait ses convictions quant à la direction d’une équipe (les dirigeants ne doivent pas interférer dans la vie sportive du groupe) et le personnage à la tête du club angevin. Ajoutez à cela le départ de celui censé être le n°1 en défense (Isherwood) pour mal du pays, et vous disposez d'un groupe qui aurait eu de quoi être déstabilisé.
Heureusement, l’assistant coach Simon Lacroix, Duc de longue date, a repris avec brio les rênes de l’équipe. Certes, Angers a échoué une fois de plus en finale de Magnus, mais avec cette coupe de France et nombre d’autres signes encourageants, tout laisse à penser qu’une page se tourne et que la nouvelle va dans la bonne direction.

Intersaison 2014 :
Staff sportif :
Avec la mise à l’écart d’Alex Stein, Simon Lacroix a été lancé dans le grand bain plus tôt que prévu, mais a plus que répondu présent, sachant mobiliser son groupe et le rendre encore plus redoutable. C’est donc en toute logique qu’il est conservé la tête de l’équipe. Par sa longue histoire avec le club, il est habitué, et surtout le plus à même de composer avec son omni-président Juret, dont l’implication limite obsessionnelle dans son club pose souvent problème. Mais les Ducs seraient-ils une puissance en Magnus sans lui ?
Pour l’épauler, on retrouve là encore un angevin de longue date : le slovaque Tomas Baluch. Il sera aussi en charge des U22. Deux figures du club qui auront à cœur de faire progresser l’organisation des Ducs.
Gardiens :
Florian Hardy remplacé par Jean-Sébastien Aubin
Florian, après avoir gravi patiemment tous les échelons (certains devraient en prendre de la graine) a atteint le niveau maximum possible en Magnus. Etant encore plutôt jeune (pour un goalie), il est tout à fait logique et opportun de sa part d’aller tenter sa chance dans un championnat plus huppé. Bonne chance à lui ! Grosse perte évidemment, mais lorsque l’on voit son remplaçant, soyons honnête, on l’a déjà oublié ! Et pour cause, on a là une espèce d’ovni dans le paysage français, comme on en voit apparaître un ou deux par décennie (espérons que les performances de l’EDF change cette donne). Avec son énorme bagage NHL/AHL/DEL, Aubin a de quoi donner une immense sérénité à son équipe, et bien faire progresser le jeune et prometteur Alexis Neau. En tout cas, il y a bien un domaine où Aubin n’est pas le meilleur (c’est le n°37 des Kings) :

Défense :
Fredrik Börjesson remplacé par Sébastien Bisaillon
Le Suédois, auteur d’une saison honnête, a néanmoins déçu comparé aux attentes placées en lui, qui découlaient de sa précédente saison en France à Dijon. C’est donc en toute logique que ses services ne sont pas conservés. A sa place, Angers continue à sortir l’artillerie lourde avec un champion en titre : le canadien Bisaillon. Prototype même de l’arrière complet : très bon en défense, excellente relance, énorme lancer, capable de porter le danger dans la zone adverse… pas de point faible pour ce joueur qui remplira la fonction de général de la défense, rôle quelque peu délaissé cette saison.
Cédric Custosse remplacé par Sean McMonagle
Custosse, après une année probante à Dijon, n’a pas réussi à confirmer et rentrer dans le moule du jeu angevin. Il a très vite été remplacé par des jeunes de la quatrième ligne. Son substitut est d’un tout autre niveau puisqu’il a déjà évolué en ECHL et Allsvenskan. Ancien centre reconverti, il est maintenant un arrière solide aussi bien dans sa zone que dans celle de l’adversaire, constant et disposant d’un bon gabarit. Un bon ajout pour le top 4, mais pas exceptionnel non plus.
Cette défense n’a donc que peu évolué puisqu’elle conserve cinq de ses sept éléments. On retrouve l’italo-canadien Busto, solide défenseur offensif qui prend peu à peu de l’assurance, même si cela ne s’est pas traduit sur les feuilles de matchs cette saison. Puis viennent les deux vétérans Lévèque et Mrena, deux vieux routiers de la Magnus, piliers défensifs de l’arrière-garde des Ducs. Pour compléter l’ensemble, il reste les deux jeunes Aubé et Bahain, qui ont eu pas mal de temps de glace cette saison avec les départs inattendus d’Isherwood et la rétrogradation de Custosse. Avec l’ajout d’un vrai titulaire de top 4, ces deux jeunes seront en concurrence pour le poste de n°6.
Cette arrière-garde a donc nettement gagné en expérience mais aussi en qualité avec ces deux renforts. On pourrait se poser des questions quant au poste de n°6 confié à un jeune, mais la transition ayant déjà été effectué – et bien – lors du précédent exercice, cette réserve n’a pas lieu d’être. Reste néanmoins le problème de la profondeur en cas de blessure, qui est lui bel et bien présent.

Attaque :
Jonathan Bellemare remplacé par Yannick Tifu
Le maître à jouer, capitaine et figure du club (10 saisons et presque tout son hockey professionnel à Angers) retourne chez lui outre-Atlantique. Issue logique puisqu’en constant déclin depuis maintenant plusieurs années. Son départ laisse malgré tout un grand vide. Heureusement, son remplaçant est plus qu’à la hauteur : 9 excellentes saisons d’ECHL et l’équivalent d’une entière en AHL (avec de belles stats) pour Tifu, un formidable et expérimenté créateur de jeu, dans ses meilleures années. Une très belle acquisition pour les Ducs, attention tout de même à son caractère sanguin qui lui font aussi bien noircir sa fiche en matière de pénalités.
Eric Fortier remplacé par Guillaume Lefebvre
L’autre figure du club en attaque, lui aussi sur le départ. Là encore, même constat que pour Bellemare, sa production était en sévère chute. Son substitut a le même âge, mais un parcours et un profil complètement différent. On a là un dur à cuire ayant un solide bagage en NHL et surtout AHL où il a explosé les compteurs en matière de pénalités. Choix surprenant pour un championnat comme le notre, où il risque de passer plus de temps sur le banc d’infamie que sur celui de son équipe. Il n’en reste pas moins habile lorsqu’il s’agit de pointer, mais tout dépendra de son adaptation, qui fut par exemple un bel échec en Autriche.
Tomas Baluch remplacé par Dimitri Thillet
Le départ de Baluch participe lui-aussi à ce nouveau cycle amorcé en Anjou. Un jeune en provenance de Rouen vient le remplacer. Il dispose d’un potentiel intéressant, mais n’a jamais réussi à le concrétiser en sénior. Au vu des autres joueurs de la quatrième ligne, il devrait y remplir la place de n°10, avec un bien meilleur temps de glace et donc une réelle chance de parvenir à prouver ce qu’il vaut.
Léonard Nalliod-Cazar remplacé par Maxime Griet
Désolé pour eux, mais… un jeune au temps de jeu quasi insignifiant en remplace un autre.

Au final, assez peu de changements, même s’il s’agit d’éléments moteurs de l’équipe depuis maintenant de nombreuses années. Pour le restant de l’escouade offensive, on retrouve les deux ex-ducs de Dijon : le travailleur Skinnars et le sniper Crowder, qui ont réalisé une saison probante sans être exceptionnelle.
Puis, pour compléter le top 6, on a les deux canadiens Campbell et Walls, deux bons joueurs, dont le premier aura à cœur de se racheter d’une année bien décevante à la baguette du second trio, tandis que le deuxième apportera son côté provoc et son habilité devant la cage.
Pour compléter les titulaires, on a clairement en Anjou ni plus ni moins que la meilleure troisième ligne du championnat : le troublion Gaborit et les infatigables travailleurs Albert et Henderson. Trois larrons expérimentés se connaissant par cœur, tout à fait capables de faire la différence si on leur laisse l’espace.
Le seul problème de cette attaque talentueuse est son manque de profondeur. Avec seulement Thillet comme élément capable de prendre une place dans le top 9, et alors que le style de jeu préconisé par Lacroix nécessite intensité et constance, cela fait vraiment juste et risque de poser problème lors des rencontres de haut niveau.

Perspectives 2014-15 :
Pour la saison à venir, les Ducs ont monté une équipe qui fait clairement partie des favoris aux titres, nul doute là dessus. Mais cette fois, le choix à plus porté sur l’excellente qualité des renforts : Tifu, Bisaillon, Aubin… chaque secteur a sa vedette qui sera parmi les, si ce n’est sur là première place des classements de la ligue. Mais c’est aussi là que ce situe le problème de l’équipe. Ces arrivées ont un coût très élevé, et se sont faites au détriment de la profondeur de l’effectif.
Rien d’alarmant non plus, car il y a là 2 gardiens, 7 défenseurs et 10 attaquants de qualité, mais attention aux périodes où il y aura plusieurs blessés/suspensions. Car c’est là le que le bas blesse : les Ducs vont pratiquer un jeu très intense, tant dans la manière de jouer que dans celle de ce comporter, ce qui est confirmé par la très nombreuse présence de joueurs sanguins et provocateurs. Une façon d’évoluer qui, dans notre championnat, risque de noircir assez souvent les feuilles de rapports pour la CIRJ. Et cela pourrait leur coûter cher.
Alignement possible :
Lacroix
Baluch
Aubin
Neau
McMonagle – Bisaillon
Lévèque – Busto
Mrena – Aubé
Bahain – U22
Lefebvre – Tifu – Crowder
Skinnars – Campbell – Walls
Gaborit – Henderson – Albert
Thillet – Griet – Crosnier
= 10+1 JFL
Pronostic : 2[sup]ème[/sup] (1[sup]er[/sup] au mieux, 6[sup]ème[/sup] au pire)