
Bilan de la saison 2013-14 :
Nouvelle saison périlleuse pour les Drakkars qui, malgré l’avertissement sans frais de la précédente saison, avaient choisi de renouveler le pari du duo Normandon/Kello dans les cages. Cela a bien failli coûter cher. Certes Normandon n’a pas démérité, mais même s’il a bravement relevé le défi, son niveau n’est pas suffisant pour prétendre à sortir de la zone rouge de relégation.
Mais la faiblesse du dernier rempart n’explique pas tout, loin de là. D’autres points faibles se sont fait sentir. Par exemple en défense, avec la non-venue de Ryan Forgaard, compère de Shawn Stuart, et dont le remplaçant – Jordan Dewey – a mis quelques temps à trouver sa place, sans compter le fait que son niveau n’était pas forcément égal au précédent. De plus, l’adaptation de Stuart en a aussi pâti. Il a malgré tout bien tenu son rôle de général de la défense, mais aurait pu mieux faire. Dans un effectif assez court autant qualitativement que quantitativement, cela coûte immédiatement cher.
L’attaque aussi a eu son lot de déceptions. La première est surtout celle qui a eu le plus pesée est la très nette baisse de production du duo magique Gauthier/Pourdier, les deux cumulés passant d’environ 75 points à un peu plus de cinquante, la perte se faisant surtout sentir en playdowns (10 points en 7 matchs cette année pour 12 en 3 la saison précédente !). De même, la jeune révélation Alexandre Palis, qui entretenait des espoirs de partir à l’étranger à la suite d’une saison de confirmation, n’a clairement pas répondu aux attentes placées en lui. Enfin, l’éternel nonchalant Jérémie Romand a une fois de plus soufflé le chaud et le froid tout au long de la saison.
Heureusement, il n’y a pas que de l’amertume à tirer de cette saison. En effet, quelques joueurs se sont montrés à leur avantage. Commençons par le jeune gardien Quentin Kello, qui a su répondre plus que présent et montrer un potentiel intéressant lors des moments de faiblesse du titulaire.
Dans l’arrière-garde, les jeunes Vadim Gyesbreghs et Nicolas Deshaies ont bien tenu leur rang et démontré une solidité encourageante pour la suite. Devant, ce sont Charles Geslain et Kevin Da Costa qui ont tiré leur épingle du jeu, le premier en saison régulière, le second durant les playdowns, permettant à la formation caennaise de se tirer in extremis de la mortelle danse engagée avec les Albatros.
Pour finir sur ces points positifs, il faut bien sûr en terminer avec le plus important en termes d’impact sur l’ensemble de l’équipe : le coaching de Luc Chauvel. Déjà auteur d’une première saison probante en 2012-13 avec des playdowns magistrales contre Mulhouse, il confirme en 13-14 avec une capacité de gestion en mode série redoutable, sachant tirer le meilleur de sa formation, qui, il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître, paraissait bien faible sur le papier. Certes, cela n’est pas suffisant – encore – pour accrocher des PO, mais sans lui, les Drakkars seraient sans le moindre doute en D1.

Intersaison 2014 :
Staff sportif :
Aucun changement à ce poste, et pour cause : on a clairement là le point fort des Drakkars, avec un coach intelligent qui connaît parfaitement forces et faiblesses de son effectif, et sait mettre en place un fond de jeu en conséquence, mais aussi tirer le meilleur de chacun de ses joueurs. De plus, Chauvel sait cerner le type de jeu de son adversaire lors d’une série, afin de mieux le contrer, et l’a prouvé en sortant vainqueur des deux playdowns auquel il a été confronté.
Gardiens :
Lucas Normandon remplacé par Michael Dupont
Les deux précédentes saisons ont vu le filet gardé par Lucas Normandon. Un choix ressemblant à un pis-aller pour un poste pourtant névralgique. Lucas a fait du mieux qu’il a pu, mais si Caen cherche à franchir une étape comme ses dirigeants le clament, un meilleur portier semble indispensable. Quentin Kello peut être celui-là d’ici peu, mais n’est néanmoins pas encore prêt à franchir l’ultime pas. Pour pallier à cela, le Canado-suisse Michael Dupont arrive de Brest. Un bon choix puisqu’il constitue un n°1 correct dont le seul défaut est sa fragilité physique. Exactement ce qu’il faut donc pour donner au jeune Kello du temps de jeu. Un tandem qui a donc de très bonnes chances d’être complémentaire pour le plus grand bien des Drakkars.
Défense :
Shawn Stuart remplacé par Ryan Barlock
Un bon arrière défensif qui a dû remplir le rôle de général de la défense, et surtout la fonction de quart arrière de l’équipe, chose à laquelle il n’était pas prêt. Dommage, car en n°2 défensif il aurait été excellent. Son remplaçant sera beaucoup plus à l’aise dans cette fonction au vu de son CV en NCAA III. Sa transition en CHL s’est avérée difficile, mais il y a appris à bien défendre, ce qui est un plus non négligeable. Un renfort correct pour la première paire des Drakkars.
Jordan Dewey remplacé par Tim Carr
Dewey, après une longue période d’adaptation, a réussi a apporter de bonnes choses à l’équipe, néanmoins pas assez pour justifier son statut de renfort étranger. Pour compléter la première paire, le canadien Tim Carr arrive de D1. Même profil que son prédécesseur, peut être en un peu plus défensif. Avec son année passée au Mont Blanc, son adaptation au jeu européen est déjà faite. Caen peut donc espérer de sa part un meilleur rendement tout de suite.
Alexis Birolini remplacé par Charlie Doyle
Un défenseur correct mais sans plus, au format de poche, et malheureusement sans grandes perspectives d’amélioration, remplacé par un plus jeune sortant d’une bonne saison à Morzine. Bien plus imposant physiquement, Charlie Doyle est tout aussi mobile que son prédécesseur, meilleur défensivement, avec encore de bonnes perspectives de progression. Une très bonne acquisition pour les Drakkars.
Udo Marie et Alexis Gomane remplacés par la promotion de Martin Ropert
La seule fausse note du recrutement caennais est ces non remplacements, qui constituent une grosse perte d’expérience et de profondeur. D’autant plus grave qu’on ne peut guère espérer que le jeune Ropert soit subitement à la hauteur d’un poste de titulaire comme n°6, et qu’il n’y a pas grand monde derrière pour occuper ou apporter de la concurrence sur la dernière paire d’arrières. On peut espérer néanmoins un recrutement sur le tard d'ici le 15 décembre d'un jeune en manque de temps de glace, comme cela avait été le cas avec Udo Marie. Croisons les doigts !
Finalement, la défense a connu un remaniement vraiment significatif, avec des départs d’importance, mais finalement pas si graves, d’autant que les recrues devraient être à la hauteur si ce n’est meilleures que les partants. Néanmoins, un gros couac avec le manque de profondeur dans cette escouade défensive. Cela dit, il ne faut pas non plus imaginer qu’il s’agit d’une défense 5 étoiles, mais elle tout à fait suffisante et bien construite en fonction des moyens. Il faut juste qu'il n'y ait pas de blessures...

Attaque :
Jérémie Romand remplacé par Roberto Gliga
Caen perd en Jérémie Romand un attaquant français dans ses meilleures années, ayant d’excellentes capacités, mais ne sachant pas les exploiter de façon constantes. Un joueur agitateur dont le terme le plus adéquat pour le qualifier est excès, en bien ou en mal. Pour le remplacer, un choix original et judicieux a été fait en la personne de Roberto Gliga, un jeune roumain ayant passé pas mal d’années de son junior en Suède, où il fut très convaincant. Son potentiel est donc certain, et il pourrait constituer une excellente surprise, de quoi donner enfin à la seconde ligne un véritable potentiel offensif.
Charles Geslain remplacé par Erwan Pain
Belle perte que celle de Geslain, alors qu’il venait de confirmer tous les espoirs placés en lui, surtout que son départ se fait pour une D1, alors qu’il est encore jeune et aurait figuré sans le moindre doute sur une des deux premières lignes caennaises. Néanmoins son substitut, Erwan Pain, effectue un retour en Normandie et souhaite s’y installer pour de bon, ce qui garanti sa totale implication. Une bonne nouvelle, car lorsqu’il est à 100%, il constitue un très bon attaquant, désormais expérimenté, qui sera parfait pour compléter le duo canadien.
Kévin Da Costa remplacé par Mathias Arnaud
Là encore, quel dommage de perdre Da Costa alors qu’il venait de passer un pallier crucial grâce à une bonne saison régulière et surtout d’excellentes playdowns. Heureusement son remplaçant, Mathias Arnaud, le vaut bien en termes de qualité, et amène même un supplément d’expérience qui sera précieux à la seconde ou troisième ligne.
Au final, on a là une attaque qui a vu partir des bons éléments, prometteurs, mais qui n’y perd pas au change, au contraire, et gagne même en terme d’expérience. Une amélioration qui est la bienvenue pour l’équipe la plus faible offensivement du dernier exercice, ce qui soulagera la doublette canadienne Poudrier/Gauthier dont les épaules commençaient à flancher. Pour compléter le tableau, les jeunes Metais et Palis devront confirmer le potentiel offensif (pour Metais) ou l’énergie (pour Palis) dont ils disposent, tandis que les vétérans Geffroy et Chauvel apporteront leur petit plus en terme d’expérience et d’implication pour constituer un groupe cohérent.

Perspectives 2014-15 :
Cette saison, la hache du bourreau n’est vraiment pas passée loin, bien plus que la précédente. Le staff a le mérite de s’en être rendu compte, et d’avoir pris les décisions en fonction des moyens à disposition, avec des recrutements intelligents et ciblées. Malgré cela, Caen reste sous la menace omniprésente de la relégation, mais a tout de même réussi à effacer une partie du fossé entre son effectif et ceux du milieu-bas de tableau. Donc de meilleurs espoirs pour la saison à venir, et un objectif autre que sortir vainqueurs des playdowns.
Alignement possible :
Chauvel
Dupont
Kello
Barlock – Carr
Gyesbreghs – Doyle
Ropert – Deshaies
U22
Gauthier – Poudrier – Pain
Metais – Gliga – Chauvel
Arnaud – Geffroy – Palis
Robert – Grendka – Damy
= 13+1 JFL
Pronostic : 13[sup]ème[/sup] (12[sup]ème[/sup] au mieux et 14[sup]ème[/sup] au pire)