
Bilan de saison 2014-15
C’est une saison bien curieuse que viennent de vivre les Ducs. En effet, après un départ en fanfare avec une première place acquise durant le premier quart de la saison, c’est ensuite la descente aux enfers. Blessures, contre-performances, groupe jeune… les raisons sont multiples pour expliquer ce revirement, avec au final une qualification pour les PO arrachée in extremis. Les compteurs étant alors remis à zéro, c’est une toute autre équipe qui se présente pour la dernière ligne droite : Chamonix est sèchement balayé, le champion de saison régulière tombe à l’issu d’une série épique, et face à Gap, les Ducs parviennent à arracher une manche, ce qu’ils n’avaient jamais fait jusqu’ici.
On retrouve ce double visage en ce qui concerne les performances individuelles, avec tout de même pas mal de satisfactions au sein des espoirs français, et beaucoup de déceptions en règle générale de la part du contingent étranger. Au final, tout n’est pas à jeter pour éviter de revivre une saison aussi irrégulière, les principaux points à améliorer étant : l’expérience, l’implication des cadres de l’équipe et le recrutement d’au moins un vrai buteur.

Intersaison 2015
Staff
Olivier Ritz (président)
Jonathan Paredes b[/b]
Julien Guimard (assistant)
Avec le départ de Tolvanen, c’est une page qui se tourne chez les Ducs. Même s’il n’est jamais parvenu à amener ses effectifs aux titres, le Finlandais aura su inculquer un professionnalisme bienvenu et surtout permis à de nombreux jeunes de progresser et percer sous sa houlette. Son remplaçant n’est autre que l’ancien assistant, qui fait partie de l’organisation depuis pas mal d’années, étant chargé jusqu’à la saison dernière du développement du hockey mineur, avec de beaux succès à la clé. De quoi se montrer très optimiste quant à ses qualités à diriger le futur effectif des Ducs.
Pour l’épauler, c’est un autre spécialiste de la formation auprès des jeunes qui arrive de Mulhouse. Guimard n’est pas un inconnu auprès du nouveau coach, mais aussi de quelques-uns des joueurs (Briand, Guttierez, Mulle, Valier), puisque tous l’ont connu et apprécié au CHAR. Un tandem cohérent et compétent est ainsi constitué pour diriger cette équipe des Ducs version 2015-16.

Gardiens
Changements
Buysse → Cech
Barrier → Pawelek
Jakub Cech (G n°1)
C’est bien à contre-cœur que Dijon laisse partir Buysse pour Chamonix, car ce dernier est dans ses meilleures années et a rendu de fiers services sur les derniers exercices, sauvant des situations bien compromises. La barre était donc haute pour lui trouver un remplaçant, et c’est chose faite en la personne de Cech, un ex international junior tchèque ayant principalement navigué en sénior entre le premier et deuxième échelon tchèque, signant de jolies performances. Un gardien rapide et aimant sortir de sa cage pour relancer au plus vite le jeu, qui devrait assurer une belle base à l’équipe des Ducs.

Pierre Pawelek (G n°2)
Un jeune qui est là pour apprendre aux côtés de Cech, et avoir du temps de jeu au sein de l’équipe U22. Guère plus pour l’instant.
Défense
Changements
Dame-Malka → Groulx
Mielonen → Nadasdi
Sedlak → Blanchard
Montenoise → Lazzaroni
Le général
Samuel Groulx : un jeune vétéran au jeu assez complet, qui sait en imposer tant par son attitude que par son physique ou ses habiletés. Aussi bon dans sa zone que dans le jeu de transition, il sait amener le danger en territoire adverse par ses passes ou grâce à son patinage au-dessus de la moyenne. Il devrait être la tour de contrôle de cette arrière-garde par sa présence rassurante grâce à sa maîtrise du jeu dans toutes les situations. De plus, sa complicité avec Blanchard, avec qui il a évolué ces quatre dernières saisons, devrait rendre la première paire de cette défense dijonnaise redoutable.

Joueurs à surveiller
Remi Blanchard : même genre de profil que le précédent, en moins intimidant, mais un peu plus porté vers l’offensive – passé d’attaquant oblige – ce qui ne l’empêche pas de bien défendre son propre camp. Pour lui et Groulx, l’avantage de connaître par cœur son coéquipier leur permet de savoir où et quand appuyer l’attaque ou rester en retrait. Maintenant, à eux de prouver qu’ils sont faits pour les grandes glaces. Ils ont en tout cas le jeu pour s’y imposer.
Quentin Mahier : même si son apport ne fut pas aussi spectaculaire que celui de son camarade Montenoise lors de l’exercice 2014-15, il n’empêche que ce jeune joueur a clairement gagné ses galons de titulaire dans l’escouade défensive des Ducs. Principalement concentré sur les taches défensives depuis son arrivée en sénior, on attend toujours son éclosion comme quart arrière, rôle qu’il a exercé avec brio durant toutes ses années juniors. Connaissant parfaitement le système de jeu du nouveau coach, et avec un bon vétéran à ses côtés, c’est le moment rêvé pour cela.
Autres
Tomas Nadasdi : le prototype du défenseur des pays de l’est : mobile, excellent dans son placement, avec un jeu de passe simple et très bon, qui n’use guère de son physique pour prendre le dessus sur l’adversaire. Une recette qui marche très bien par chez nous. Conjugué à sa très grande expérience dans des championnats relevés, nul doute que cet arrière fiable, qui ne semble guère ralentir avec l’âge, peut faire un excellent mentor pour un des jeunes de l’équipe.
Benoît Quessandier et Thomas Roussel : l’un comme l’autre se bonifient avec l’âge, l’expérience gommant leurs défauts. Dommage qu’une blessure ait coupé Quessandier dans son élan, car il était sur le point de sortir la meilleure saison de toute sa carrière. On a là deux arrières physiques, défensifs, qui aiment à faire les choses simples et gagner leurs duels face aux attaquants adverses. Des joueurs solides et fiables qui ne se laissent pas intimider, parfaits pour accompagner un arrière plus offensif et/ou jeune, ou encore être de pair pour mettre sous l’éteignoir un trio adverse dangereux.

Arnaud Lazzaroni : un jeune au gabarit imposant qui vient donner de la profondeur à l’effectif des Ducs. Arrière offensif, il peine néanmoins à s’imposer en sénior, tant dans sa zone que dans celle de l’adversaire, ceci malgré un temps de glace correct en D1 sur les deux dernières saisons. Forcer cette phase d’adaptation en passant en Magnus n’est peut-être donc pas la meilleure des choses.
Groulx (LD) – Blanchard b[/b]
Un duo qui a fait le bonheur de l’université de Moncton ces dernières années, espérons que ce soit la même chose à Dijon.
Quessandier (LD) – Roussel (LD)
Un duo fait pour intimider et stopper les gros trios adverses.
Mahier (LD) – Nadasdi (LD)
Le vétéran parfait pour faire passer une étape en toute tranquillité à un jeune prometteur…
+ Lazzaroni (LD)
…mais au cas où, un autre est là pour le remplacer.
Pas de vrai arrière offensif, mais tout de même quelques arrières mobiles et habiles à la relance pour une défense assez traditionnelle, qui reste solide et expérimenté. Petits bémols sur la profondeur (pas non plus dramatique) et le peu de droitiers (plus problématique).
Attaque
Changements
Gascon → Riendeau
Rech → Maslonka
Salmivirta → Brown
Gauthier → Wallen
Caciotti → McMillin
Chiappino → Chabert
Lacroix → Valier
Le maître à jouer
Aucun malheureusement.
Le buteur
Yanick Riendeau : après trois années d’exil prolifiques au Kazakhstan, le meilleur buteur de l’exercice 2011-12 est de retour en Magnus. Un attaquant énergique, voire même sanguin, disposant de mains en or lorsqu’il s’agit de mettre le palet au fond des filets. Ces années en Asie centrale ont ajouté un aspect très appréciable à son jeu : la faculté à donner tout ce qu’il a dans les deux sens de la patinoire. Au final donc un buteur né, dans ses meilleures années, désormais autant capable de tuer un match par son lancer, que de neutraliser une attaque adverse par un repli défensif. Que demander de plus ?

A surveiller
William Wallen : un jeune ex-international suédois junior bourré de talent, particulièrement offensif, qui n’a malheureusement pas réussi jusqu’ici à correctement les exprimer en sénior. Dommage, car en plus de disposer d’un tir redoutable et d’habiletés exceptionnelles avec le puck, sa rapidité et son intensité en font un joueur complet, dans les deux sens de la patinoire. Il constitue donc un pari, assez modéré tout de même par son attitude exemplaire et le fait qu’il a sa place sur le top 6, ce qui devrait donc lui laisser un temps de glace plus que suffisant pour exploser.
Mathieu Briand : un jeune joueur qui s’est révélé au fur et à mesure de la saison dernière. De bonnes habiletés, une allonge incroyable (et pour cause !) qui le rend redoutable défensivement, et un gabarit qu’il sait utiliser pour masquer le gardien adverse. Un cocktail intéressant qui pourrait très vite le faire passer de centre du 3ème trio à une meilleure place sur le top 6.
Autres
Jared Brown : le parfait remplaçant du Finlandais Salmivirta, tant par son style de jeu que par ses habiletés. Un travailleur infatigable qui, en plus de faire le sale boulot, est loin d’être maladroit avec la rondelle, sachant autant créer du jeu que le conclure. Un joueur complet en somme, le genre de profil idéal pour aider un Riendeau à tourner à son meilleur potentiel.
Marek Maslonka : et pour continuer à mettre Riendeau dans des conditions optimales, quoi de mieux que d’aller chercher son coéquipier des deux dernières saisons au Kazakhstan ? On a ici, à l’instar de Brown, un autre ailier travailleur aux talents de buteur. Cela risque de faire beaucoup de marqueurs sur une ligne, mais tous ne lancent pas du même endroit, et aucun n’est incapable de créer du jeu. En trouvant une bonne alchimie, cela peut marcher.
Brian McMillin : le prototype de l’attaquant de puissance nord-américain : imposant, intense, travailleur, responsable et compétiteur. Capable aussi bien de marquer que de produire du jeu, son engagement sans faille assure au second trio dijonnais un pivot fiable qui saura faire de l’espace à ses ailiers et assurer le repli défensif pour ses arrières, surtout qu’il aura à cœur d’effacer une première expérience européenne décevante outre-manche. Point surprenant, pour un avant avec ce type de profil, il est remarquablement peu pénalisé, ce qui est un excellent point.
Romain Guttierez : une fois de plus, un jeune travailleur disposant de bonnes mains, physique et provocateur à souhait. Il est le véritable responsable des incidents dans la série Dijon – Grenoble par ses charges répétées sur le gardien grenoblois (et intelligentes puisque jamais directes et faites en poussant un joueur sur le goal), actes qui auront fait sortir mentalement toute l’équipe BDL de la série. Le genre de joueur, toujours utile, qu’on adore dans son équipe, et que l’on hait chez l’adversaire.
Aram Kevorkian : un vétéran apportant une touche offensive et beaucoup d’expérience au 3ème trio. Attaquant de soutien décent et engagé, il fait figure de mentor auprès des jeunes sur la ligne de soutien. A tendance à s’éteindre lorsque le jeu se durcit, ce qui n’est pas une surprise puisqu’il n’est guère physique.

Alexandre Mulle : un jeune vétéran, assez constant dans la production et surtout dans l’effort et le travail – ce qui est clairement la ligne de conduite de la future équipe des Ducs – qui a su sortir de bonnes PO pour la première fois de sa carrière en sénior, ainsi qu’une belle attitude lors des moments difficiles. Une étape franchie ?
Loïc Chabert : un jeune au gabarit intéressant et disposant de bonnes mains, qui a su aller prendre du temps de glace en D1 pour continuer sa progression dans de bonnes conditions, avant de revenir tranquillement en Magnus la saison dernière à Morzine, avec des résultats plutôt corrects, même s’il a encore des lacunes défensives à combler. A voir comment son retour à la maison va se passer, mais il constitue un joueur intéressant pour amener un peu de concurrence pour le 3ème trio.
Benoit Valier et Bastien Lardière : deux jeunes qui viennent grappiller un peu de temps de glace pour progresser. Des profils assez différents puisque le premier, à l’instar de son grand frère, est assez technique, le second jouant plutôt dans un registre d’attaquant défensif rentrant tout à fait dans le moule d’une quatrième ligne. Encore bien tendres pour espérer des places sur le top 9, mais le potentiel est là.
Brown (F) – Riendeau (RW/C) – Maslonka (F)
Des automatismes existent déjà pour deux d’entre eux. A voir si cela clique avec le 3ème.
Guttierez (F) – McMillin (RW/C) – Wallen (RW/LW)
A nouveau un buteur et deux travailleurs pour lui donner de l’espace.
Kevorkian (F) – Briand © – Mulle (F)
Un trio avec de l’expérience et du potentiel, mais pas forcément une belle garantie défensivement.
Valier (F) – Chabert b[/b] – Lardière (F)
Des jeunes avides de se montrer, mais encore assez justes pour espérer beaucoup de temps de jeu.
Le dernier effectif manquant de buteur, on peut dire que ce problème a été corrigé, mais clairement à l’excès, au point de ne plus disposer de passeur. Face à des équipes bien structurées, cela risque de poser de gros problèmes, avec un jeu qui ne reposera plus que sur de l’exploit individuel le plus souvent stérile. De même, la profondeur n’est pas au rendez-vous, même si ce n’est pas surprenant et plutôt normal. Le top 6 reste tout de même intéressant, avec un joueur étoile (Riendeau), un autre à très fort potentiel (Wallen), et beaucoup de travailleurs de luxe.
Perspectives
Du travail, de l’intensité, et encore du travail. Cela sera le leitmotiv de cette équipe à l’effectif peu flamboyant, tant devant que derrière, mais qui devrait être très dure et pénible à jouer, s’appuyant sur un bon gardien et un collectif solide défensivement. Reste tout de même de grosses lacunes et quelques possibles difficultés : la première est le manque d’un maître à jouer, qui se fera cruellement sentir en équipe spéciale. L’autre est la profondeur, que commence à peine à combler la prometteuse génération formée par Paredes. Pour les difficultés, elles concernent le grand renouvellement dans cette équipe avec 14 nouveaux, dont la promotion du coach.
Pronostic : 8ème (4ème au mieux, 13ème au pire)
