Septembre 2002 : une tentative de coup d'Etat secoue la Côte d'Ivoire. Une rébellion échoue à prendre Abidjan mais contrôle tout le nord du pays, là où sont ses bases. Le nord est plus pauvre que le sud, davantage musulman alors que le sud est plutôt chrétien, la population du nord est majoritairement originaire de l'étranger, et notamment du Burkina Faso, alors que le président Laurent Gbagbo développe son concept (raciste) de l' "ivoirité"... Ajoutez à cela de multiples tensions ethniques, liées notamment à la propriété foncière pour l'exploitation du cacao pour l'exportation, et une pression démographique soutenue, et vous avez un cocktail explosif.
La rébellion, dans les jours qui suivent le coup d'Etat, se reprend et semble pouvoir renverser Gbagbo. En vertu des accords de défense liant les 2 Etats, et pour protéger ses ressortissants, l'armée française intervient (opération Licorne) et sauve le régime en se déployant entre les belligérants le long d'une ligne qui coupe le pays en 2, stoppant l'avancée des rebelles vers le sud.
En janvier 2003 sont signés les accords de Marcoussis qui prévoient notamment la formation d'un gouvernement d'union nationale (ce qui n'est jamais une bonne chose si vous voulez mon avis...), mais ils restent largement lettre morte.
En novembre 2004, l'armée ivoirienne se croît en position de reprendre l'offensive. Un avion ivoirien bombarde le camp français de Bouaké, tuant 9 de nos soldats et un civil américain. En réponse, la France détruit l'aviation de Gbagbo (ce que vous voyez sur la 1ère photo). L'armée ivoirienne ne peut pas avancer. A Abidjan, des manifestants en colère soutenus par le gouvernement et l'armée loyaliste s'en prend aux étrangers (c'est la "chasse aux Blancs" : pillages des maisons et des entreprises, plusieurs dizaines de femmes européennes sont violées, tentatives de lynchages, bref, mais pas de mort européen). Les civils se réfugient sous la protection de l'armée française, notamment à l'hôtel Ivoire à Abidjan, mais une foule de manifestants tente de la prendre d'assaut et des militaires ivoiriens tirent même sur l'hôtel, l'armée française riposte en tuant plusieurs dizaines d'Ivoiriens. Finalement 8000 Européens quittent le pays.
Le "retour à la normale" est assez rapide, le pays est toujours divisé.
Puis l'élection présidentielle de 2010 voit la victoire d'Alassane Ouattara, vu comme "le candidat du Nord", Gbagbo ne veut pas quitter le pouvoir, une guerre éclate qui voit la victoire des combattants de Ouattara aidés par l'armée française. Le bilan s'élève peut-être à 3000 morts. Gbagbo est arrêté et déféré devant la CPI.