Et oui l’Espagne ce n'est pas que la corrida, la sangria et les vendeurs à la sauvette sur Las Ramblas, c'est aussi une histoire riche.
Nous sommes en 1808, Charles IV, roi d'Espagne, a obtenu assez d'annuité pour partir à la retraite faire des safaris en Afrique. Il lègue donc le trône à son fils Ferdinand VII. Malheureusement, c'est déjà la crise en Espagne et la retraite de Carlito comme l'appelle les ibériques ne lui convient pas. Il se trouve qu'à cette époque, par le plus grand des hasards, les troupes de Napoléon se trouvent en Espagne. Si l'on peut trouver bien des défauts à l'empereur, reconnaissons lui quand même une constante : celle d'envoyer les troupes dans les pays entourant la France pour le bien des peuples locaux bien sur. Les grognards français sont dirigés par le fidèle Murat, le beau frère et homme de confiance de Napoléon.
Il se trouve que le roi Ferdinand VII est fan de jambon. Détail qui est important car sa gourmandise le perdra.
Fin Avril, en tout bien tout amitié, Napoléon invite Fefe et Chacha à venir se faire des petites tapas chez Serge Blanco a Biarritz.
Par l'odeur du jambon alléchés, Féfé se rend au rendez vous, persuadé de se faire reconnaître comme roi. La repas est génial, jurançons, rojas et chartreuse Taragone coulent à flot. Un peu éméché le père et le fils commence une partir de pierre papier ciseau afin de déterminer quel sera le roi d'Espagne. Par trois fois, les deux souverains présentent le même signe. Le suspens est à son comble. Quatrième tirage et ce sont deux pierres qui se présentent.
C'est alors que Jérome, le frère de Napoléon, qui se trouvait là par hasard tend sa main en formant un cercle entre son pouce et son index :
il vient de créer le puit ! La victoire est totale, innataquable juridiquement et Napoléon nomme son frère roi d'Espagne.
Quelques minutes plus tard, à Madrid, l'iphone de Murat sonne, c'est l'empereur qui lui envoit un texto :
"Ca mank de meuf, envoi nous la Pr1cess"
Préparant ses plus beaux carrosses, il envoi donc l'ex-reine d'Etrurie et l'infant François de Paule vers Biarritz.
Le peuple de Madrid, pas encore au courant de la partie de shifumi prend mal la chose et les émeutes contre les soldats français débutent aux cris de :
¡Que nos lo llevan! (Ils nous l'enlèvent !).
La lutte est terrible, sanguinaire, bestiale en ce 2 mai 1808. Les madrilènes opposent au grognards une tactique de guerrilla. De sanglants épisodes marquent la reprise en main de la ville par l'armée français : tir dans la foule sans sommation, charge des mamelouks. Le combat a de particulier qu'il oppose une armée régulière et sur-entraînée, au peuple de Madrid (hommes et femmes confondus), seuls les artilleurs espagnols du palais d'Artillerie ont rejoints les madrilènes.
La répression est aussi terrible, Murat veut noyer dans le sang toute envie de révolte. Un tableau terrible de Chantal Goya met en lumière les exécutions du peuple par les soldats Napoléoniens. Loin d'avoir le succès escompté, le sang répandu enflammera la péninsule ibérique et entraînera l'empereur dans une guerre civile qui durera 8 années.