Bravo Bruno !
On est en Dauphiné, début juin 1430. La France est pour son immense majorité occupée par la coalition anglo-bourguignonne. Depuis l’intervention de Jeanne d’Arc, Charles VII n’est désormais plus considéré comme le « roi de Bourges », mais bel et bien celui de France. Il n’en a pas pour autant les moyens.
Au nord, les Anglais sont occupés par l’armée de Jeanne (qui vient juste d’être capturée) autour de Compiegne. Les Bourguignons vont en profiter pour tenter à nouveau d’ajouter le Dauphiné à leurs possessions. Depuis la bataille de Veurey, en 1424, qui a vu une défaite française catastrophique face aux Anglais, et surtout la quasi destruction du gros contingent dauphinois qui y était présent, notre province est quasiment sans défense.
Il ne reste alors qu’à peine quelques centaines d’hommes d’armes et miliciens avec une poignée de chevaliers. Le duc de Bourgogne en personne, accompagné de son fidèle lieutenant – et ennemi ancestral du Dauphiné – le duc de Savoie (qui espère bien grignoter les restes) rassemblent donc une armée de 4000 hommes dans le Bugey, pour ce qu’il pense être une promenade militaire.
C’est sans compter sur le gouverneur du Dauphiné, Raoul de Gaucourt, qui a su anticiper l’invasion. Appelant à l’aide son homologue lyonnais et votant des subsides exceptionnels auprès des états dauphinois, il engage deux compagnies de mercenaires espagnols et milanais alors en transit depuis l’Italie. Il parvient ainsi à rassembler un peu plus d’un millier d’hommes. Pas suffisant.
Il faut donc compenser le rapport de force par la ruse. Connaissant le terrain, le sénéchal de Lyon et le gouverneur du Dauphiné ont choisit soigneusement le champ de bataille, une longue route étroite au milieu d’un bois, entre les villages d’Anthon et Janneyrias, près de Pont-de-Chéruy.
Après avoir réussi à attirer l’ensemble de l’armée bourguigno-savoyarde par une série d’attaques sur les garnisons locales, les Dauphinois, qui attendent d’un côté de la route, passent à l’offensive. Ils hurlent afin de masquer leur nombre, tandis que quelques bombardes et arquebuses rudimentaires, faisant plus de bruit que de mal, accentuent l’effet psychologique :bomb: :guerre:
Pris par surprise, les assaillis reculent et tentent de se replier de l’autre côté de la route pour s’organiser… peine perdue, les routiers espagnols et milanais les y attendent, et la panique tourne au massacre, d’autant que le Rhône vient naturellement compléter l’encerclement. Les ducs échappent de justesse à la capture. Il aura fallu moins d’une heure pour sauver le Dauphiné (et une fois de plus botter les fesses des Savoyards… 😈 ).