Itw du président sur la formation dans le DL :
https://www.ledauphine.com/sport/2023/03/27/le-centre-de-formation-de-grenoble-est-l-un-des-meilleurs
Vous tirez la sonnette d’alarme autour de la formation des jeunes joueurs de hockey sur glace. Quel est le problème ?
« Le modèle économique tel qu’il est construit aujourd’hui autour de la formation oblige une société à engager des actions dont on sait qu’ils ne sont pas payées. Former un athlète dans le monde du hockey, c’est 15 000 euros par an pendant trois ans. Cette somme est couverte en partie par son adhésion au centre de formation (3 000 euros), par les subventions (environ 2 500 euros) et le reste est à la charge du club. Dans les autres sports, comme le rugby ou le football, le joueur a une valeur qu’on peut négocier avec les autres clubs qui veulent se servir de lui. Je demande à la Fédération française de hockey sur glace (FFHG), de façon très vive, à ce qu’elle crée un processus qui permet aux clubs qui veulent engager un joueur issu d’un centre, de payer cette formation. »
À Grenoble, combien coûte la formation ?
« Tout mis bout à bout, la formation c’est 500 000 euros. Demain, si je veux mettre 500 000 euros dans l’équipe de première, je peux monter une première ligne complète. On a besoin de créer un système vertueux pour valoriser la formation et que les clubs qui n’ont pas de centre mettent au pot. Ce qui m’importe, c’est d’être payé à la performance. J’ai besoin qu’on aille vers l’excellence. Mon joueur il va en Magnus, je suis payé. Il n’y va pas, je ne touche rien. Je n’ai pas de problème avec ça. »
Quelles sont vos solutions ?
« Si un joueur formé à Grenoble part dans un autre club de Magnus, le club paye 100 euros par match pendant sept ans. S’il fait 44 matches en élite, le club qui l’héberge doit payer à la FFHG 4 400 euros. Sur cette somme, 3/5e revient au centre de formation et le reste à l’association. Au final, ça veut dire que l’athlète devient une source de revenus. La FFHG collecte les fonds et les reverse. Elle peut imposer le cahier des charges fédéral autour de la formation des jeunes joueurs, avec un préparateur physique, le suivi scolaire, etc. Enfin, si le joueur n’évolue pas en Magnus mais en D1, on divise par 2. »
C’est une manière de récompenser les clubs formateurs…
« Avec ce système, on pousse les choses vers le haut. Je dois travailler pour avoir des joueurs de niveau Magnus et je dois essayer de les placer dans l’élite. Avec ce système, chaque année où le joueur reste en Magnus, il produit de la richesse à son club formateur. Si demain, un joueur de Grenoble part à Bordeaux, le club paye 4 400 euros pendant, par exemple, sept ans. Le club formateur touche environ 20 000 euros et cette somme paye la moitié de ses années de formation et les clubs sont valorisés. Tous les ans, j’ai huit joueurs qui sortent du centre et s’ils partent, ils ne me rapportent rien. On crée de la valeur mais ce sont les autres qui en profitent. Si je demande ça, ce n’est pas pour gagner de l’argent, mais continuer à former mes jeunes. »