
L’Etoile Noire de Strasbourg
Bilan 2016 et intersaison :
Saison surprenante de la part de l’Etoile Noire qui, promise au fond de la ligue par tout le monde du hockey français ou presque, a su déjouer tous les pronostics, en allant chercher une place en PO, se reposant sur une forte cohésion et un début de saison en trombe.
Mais avec le passage en professionnel de toute la ligue, c’est une tâche herculéenne qu’a dû affronter cette intersaison Strasbourg pour arriver à boucler un effectif tout en répondant aux exigences de la nouvelle version de cette Magnus.
Défense :
Départs/arrivées :
Jake Goldberg (RD) remplacé par Mitch Witek (LD)
Jake Suter (RD) remplacé par Alex Barron (RD)
Joey de Concilys (LD) remplacé par Hubert Genest (LD)
Matt Bruneteau (LD) remplacé par Matthew Beattie (RD)
Pierrick Hoehe (LD) remplacé par Léo Guillemain (LD)
Maxim Belov (LD) remplacé par Mathieu Deplanque (LD) / Colin Morillon (RD)

Hiadlovsky (G n°1)
Goetz (G n°2)
Witek (LD) – Beattie (RD)
Genest (LD) – Barron (RD)
Guillemain (LD) – Stritz (RD)
+ Deplanque (LD) + Morillon (RD)
Les +/- :
De nombreux arrières excellents défensivement, ce qui rend d’autant plus surprenant les résultats actuels en la matière, et assez complets. L’aspect défensif, après quelques réglages, ne devrait donc pas poser le plus de problèmes à cette arrière-garde, pour appuyer le fantasque et expérimenté Hiadlovsky.
La plus grosse carence vient du manque d’appui offensif procuré par ces défenseurs. La première passe devrait être décente, sans plus, mais pour jouer le 4ème homme en attaque, il y aura bien peu de monde.
De même, et à l’instar de l’offensive, on a trois paris important dans cette arrière-garde : Guillemain, Genest et Beattie. Le premier dû au fait qu’il n’a pas confirmé les attentes placées en lui à Rouen, le deuxième car issu de niveaux inférieurs où il n'a pas été des plus dominant, et enfin le dernier par sa reconversion en tant que défenseur. Beaucoup de risques pour une année charnière.
A surveiller :
Mitch Witek (LD) et Alex Barron (RD) : deux arrières complets, très bons défensivement et capables de délivrer une bonne première passe. Cela ne les rend pas offensifs pour autant. A noter que le premier fut capitaine à Yale, ce qui n’est pas rien.
Matthew Beattie (RD) : beaucoup d’espoir sont placés en cet attaquant reconverti pour être le quart arrière de l’équipe, rôle que personne d’autre n’a les moyens d’endosser. Des (trop ?) responsabilités donc pour ce jeune. Etre aux côtés de son partenaire de ligne à Yale, Witek, devrait aider.
Léo Guillemain (LD) : année décisive pour lui. A Rouen, il était sous pression avec de la concurrence et un staff exigeant, ce qui n’est pas fait pour tout le monde en matière de progression, particulièrement pour un arrière où la maturité joue énormément. A Strasbourg les attentes, mêmes présentes, y seront beaucoup moins oppressantes. Pourquoi pas une belle surprise ?

Attaque :
Départs/arrivées :
Ján Pardavý (RW) remplacé par Kyle Stroh (C)
Sébastien Trudeau (RW) remplacé par Jordan Draper (LW)
Michal Petrák (F) remplacé par Carson Cooper (C)
Kevin Sullivan (LW/RW) remplacé par Rolands Vigners (LW/RW)
Anthony Goncalves (F) remplacé par Pavel Pisarik (LW)
Johan Saint-André (F) remplacé par Arthur Coulon (F)
Valentin Michel (F) remplacé par Loup Benoit (F)
Tarik Chipaux (RW) remplacé par Kevin Lorcher (F)
Julien Baeumlin (F) remplacé par Valérian Mathieu (F) / Maxence Leroux (F)
Pisarik (LW) – Stroh © – Burgert (F)
Draper (LW) – Cooper (C) – Vigners (LW/RW)
Benoît (F) – Marcos (F) – Lorcher (F)
Coulon (F) – Mathieu (F) – Grabherr (RW/LW)
+ Mathieu (F) + Leroux (F)
Les +/- :
Le choix de la quantité a été fait, afin de disposer de quatre trios capables d’avoir un temps de jeu conséquent. Pour cela, il a fallu se montrer créatif et avoir recours à de nombreux joueurs paris dans le recrutement. Des joueurs qui ont tout à prouver en élite comme Draper, Vigners, Lorcher ou Coulon, issus de la D1, ou encore des joueurs « navettes » (entendez qu’on a balloté d’un club à l’autre sans qu’ils aient leur mot à dire, dans leur pays respectifs) : Pisarik et Stroh.
Que le choix de la profondeur ait été fait peu se comprendre, mais à quel prix ? Car on atteint là justement les limites de cette conception, en délayant le peu de moyens déjà disponibles sur quatre lignes. Certes, la relève est correcte à Strasbourg et permet de piocher un minimum dedans pour compléter l’équipe. Mais ces rookies n’ont rien de suffisant pour avoir un impact en élite. Et ce n’est pas à cette dernière d’achever leur formation.
Au final, on a dans cette offensive beaucoup de joueurs hybrides (et pas complets, ce qui est une grosse différence), sans véritables points forts. Donc une homogénéité qui a son avantage pour mettre en place un fond de jeu, mais d’énormes limites en termes d’efficacité. De même, beaucoup de buteurs, mais pas le moindre passeur. Alors, sans quart arrière et maître à jouer, autant dire que l’attaque strasbourgeoise n’a rien de bien redoutable et risque de sombrer dans les exploits personnels et autres raids solitaires.

A surveiller :
Pavel Pisarik (LW) et Kyle Stroh © : des joueurs ballottés d’un club à l’autre dans leur pays respectif, ce qui, logiquement, a fait chuter à la longue leurs performances. C’est là où l’immédiateté des résultats a ses limites, car les deux ne sont pas dépourvus de talents. Ils seront/devront être les moteurs de l’Etoile Noire en attaque. Les deux sont des purs buteurs.
Jordan Draper (LW), Rolands Vigners (LW/RW), Arthur Coulon (F) et Kevin Lorcher (F) : Tout une flopée de joueurs issus de la D1. Le plus notable est Draper, qui a aligné plusieurs années d’affilée des stats plus que correctes et une vraie progression, ce qui devrait suffire pour assurer un impact. Là encore, on a un vrai buteur. Pour les autres, on le profil classique du joueur français : bon patineur, qualités techniques décentes dans tous les secteurs du jeu offensif, mais pas de points forts. Rien ne permet de croire à leur réussite à l’échelon supérieur, mais pourquoi pas.
Bilan et pronostic :
Le choix de la profondeur avec ses contraintes a été fait, et on voit la logique qu’a voulu Bourdages pour concilier cela avec le budget. Beaucoup de paris, très peu de garanties, sauf que le « miracle 2015-16 » ne se produira pas toutes les années, comme le montre les résultats jusqu’à présent. La lutte va être âpre, longue et pénible, avec cette fois des chances très minces de s’en sortir. Dommage de ne pas avoir anticipé cette professionnalisation bien avant, ce qui aurait sans doute permis une meilleure gestion et donc un effectif bien plus reluisant aujourd’hui.
12ème place, 11ème au mieux.