
Bilan de saison 2014-15
Strasbourg a su accomplir un très bon début de saison, sachant s’appuyer sur un bon noyau de joueurs déjà présents auparavant, ainsi que sur un excellent esprit d’équipe. Puis les blessures et l’élévation de niveau des autres formations ont marqué un dur retour à la réalité. L’Etoile Noire est tout de même parvenu durant la saison à « pourrir » les matchs tactiquement afin de tenir défensivement, ne donnant pas de tirs faciles à l’adversaire.
Individuellement, il n’y aura pas vraiment eu de contre-performances, même si certains joueurs ont nettement ralenti leur production (Pardavy, Cibula), mais il n’y aura eu aussi que peu de bonnes surprises, comme l’éclosion (enfin !) de Burgert en attaque, et celle de Goldberg en défense.
Les perspectives de l’intersaison ont donc été simples, car les mêmes depuis pas mal d’années, symptomatique d’une organisation sans véritable vision à moyen ou long terme, qui se contente d’une année sur l’autre à colmater les brèches en fonction de ses moyens et des départs inévitables ou surprises, et voir ou cela la mène. Dommage.

Intersaison 2015
Staff
Daniel Bourdages (entraîneur et directeur sportif)
Il est l’EN. Il est clair que s’il n’était pas là, Strasbourg aurait depuis longtemps sombré. Sa force ? A l’instar de Basile, parvenir à faire prendre une jolie cohésion à ses effectifs, assurant une combativité à ses formations. Concernant sa vision du jeu à développer : [font=Arial, sans-serif]« [/font]Je cherchais de la vitesse, de l’agilité, des joueurs qui soient capables de transporter le palet et je pense que j’ai réussi à trouver ce qu’il me fallait ». C’est effectivement ce type de jeu, assez scandinave dans l’inspiration, qu’il a réussi à mettre en place. Pas forcément spectaculaire, loin de là même, mais qui reste efficace. On devrait voir la même chose cette saison avec le même genre de profil recruté.

Gardiens
Changements
Beck → Goetz
Vladimir Hiadlovsky (gardien n°1)
Une année de plus pour le vétéran slovaque, malgré le fait qu’il joue de plus en plus en courant alternatif, avec bien plus de bas que de haut désormais. De la même manière, il se montre beaucoup moins « fantasque » dans son attitude en dehors du jeu, attitude qui le rendait pourtant attachant. Certes, il est un atout majeur dans le vestiaire, puisqu’il contribue grandement à l’ambiance et l’esprit d’équipe de l’Etoile Noire, mais n’aurait-il pas mieux valu dans ce cas l’intégrer définitivement au staff plutôt que continuer à l’aligner sur la glace ?
Baptiste Goetz (gardien n°2)
Un jeune au gabarit imposant, issu de la formation strasbourgeoise. Il vient remplacer Beck, jugé bien trop juste. Pour être honnête, pas sûr que l’Etoile Noire gagne vraiment au change, ce qui est problématique, car l’équipe gagnerait à avoir un n°2 correct.

Défense
Changements
Danford → Suter
Peroff → De Concilys
Bougé → Belov
Le général
Jake Suter : un universitaire nord-américain disposant d’un joli potentiel. Issu d’une grande famille de hockeyeur, il est très bon défensivement, sachant bien se placer, ne lâchant rien et bloquant les tirs. Bonne mentalité. De plus, et c’est loin d’être négligeable, il commence à s’exprimer offensivement. Maintenant, à voir son adaptation sur les glaces européennes, mais il semble avoir le jeu correspondant à nos standards.

Joueurs à surveiller
Joey De Concilys et Jake Goldberg : deux anciens coéquipiers à Brown University, ces deux arrières ont des profils similaires par leurs habilités : deux anciens attaquants au gros potentiel offensif, très mobiles, disposant de bons lancers. Goldberg a su exploiter toute cette palette d’habilités cette année à Strasbourg, au point d’en faire la révélation de l’équipe. On ne peut que souhaiter pour la saison à venir la même chose à De Concilys. Ce sera essentiel au bien de l’Etoile Noire lors de l’exercice à venir, qui aura besoin que ses meilleurs éléments soient au top. Ces deux là devraient agir respectivement comme quart-arrières des premières et secondes unités spéciales en avantage numérique.
Autres
Matt Bruneteau et David Striz : des arrières défensifs purs. Pas forcément les plus mobiles et très peu offensifs, ils ont conscience de leurs limites et savent jouer en conséquence : bloquer les tirs, couper les lignes de passes, remporter les duels dans les bandes et devant leur gardien, et enfin faire une relance simple. Ils sont de belles assurances lorsqu’on a des jeunes ou des arrières très offensifs complétant leur paire respective. Deux joueurs au comportement et caractère exemplaire, le Canadien dispose d’un charisme indéniable, tandis que le Tchèque est parfait pour faire progresser un jeune à ses côtés.
Maxime Belov : même pas encore arrivé qu’il fait déjà parler de lui ! Loin de cette tempête dans un verre d’eau, on a là un arrière qui a compris que s’il voulait progresser avec un temps de glace significatif, il fallait aller faire un tour à l’échelon inférieur. Au final, on a un joueur défensif correct, sans plus, comme n°6, mais qui, par son expérience, fera toujours mieux l’affaire qu’un jeune mis par défaut à ce poste pour faire le nombre.
Pierrick Hoehe : un jeune très tendre et vert pour prétendre à l’élite. Malheureusement c’est tout ce qu’il y a comme n°7.

Bruneteau (LD) – Goldberg (RD)
Une paire complémentaire disposant déjà de quelques automatismes.
De Concilys (LD) – Suter (RD)
De nouveau une paire complémentaire, les rôles étant inversés par rapport à la première.
Belov (LD) – Stritz (RD)
Un vétéran défensif pour chapeauter le « maillon faible ».
Hoehe (LD)
La défense du précédent exercice souffrait d’une seule véritable carence : la profondeur. Le problème, c’est que rien n’a été vraiment fait pour combler ce manque, car ce n’est pas Belov qui va significativement améliorer la stabilité de la 3ème paire. Pour le top 4, la construction est équilibrée, entre offensif/défensif, droitier/gaucher, avec un net plus, le fait que Suter dispose d’un potentiel offensif prêt à exploser.
Attaque
Changements
Cibula → Sullivan
Shupe → Greiner
Bourgaut → Saint André
Le maître à jouer
Jan Pardavy : le « papy » de l’équipe, même s’il dispose d’une technique et d’une vista toujours aussi excellente, commence tout de même à montrer de très nets signes de ralentissement. Certes, il a su se remobiliser durant les PO, mais sa production, handicapée par quelques pépins physiques (qui ne l’empêchèrent jamais de jouer, c’est dire la volonté du bonhomme), fut en chute libre le reste de l’année, sans même parler de son jeu dans les deux sens de la patinoire. C’est donc un sacré risque de compter presque uniquement sur lui pour mener le jeu offensif de l’Etoile Noire lors de la saison à venir. Par contre, s’il parvient à rester en santé, attention les yeux.

Le buteur
Luke Greiner : un avant qui, à la sortie de la prestigieuse université d’Harvard, a eu l’opportunité trois années d’affilé d’évoluer en ECHL. Toutes ces tentatives ont malheureusement avorté. Le potentiel reste néanmoins là, reste à voir si, dans une ligue moins relevée, il parviendra à démontrer ses talents de buteurs. Cela reste tout de même un grand « si » pour un rôle de cette importance.
A surveiller
Kevin Sullivan : un attaquant exemplaire dans son travail tant en dehors que sur la glace. Très bon dans les tâches défensives, il a aussi prouvé lors de sa dernière année universitaire qu’il pouvait faire partie des leaders offensifs, ayant par ailleurs une capacité appréciable à marquer lors des moments décisifs. Ces bonnes performances lui ont permis de décrocher une place en ECHL la saison dernière, sans pour autant parvenir à s’y imposer, de multiples échanges ne facilitant pas ses performances. Il devrait donc arriver au bord de l’Ill le couteau entre les dents, prêt à prouver ce qu’il vaut vraiment.
Julien Burgert : on peut clairement dire que dans son cas, la patience paye. Car, au bout de six saisons où il a joué au pompier, évoluant devant, derrière, ainsi que sur toutes les lignes ou presque, il est enfin parvenu à concrétiser son potentiel la saison dernière. Tant mieux pour Strasbourg, qui dispose là d’un avant assez complet dans son style de jeu. Maintenant, à lui de confirmer.
Johan Saint-André : un jeune jouant avec beaucoup d’intensité et de hargne, tout en ayant les mains pour concrétiser les actions. Un buteur pur qui commençait à peine à prendre ses marques en élite à Rouen, mais, à l’instar de beaucoup de jeunes formés en Seine-Maritime, il préfère partir à Strasbourg. Rien de bien surprenant puisqu’il y gagne un temps de glace bien plus conséquent, sur un 3ème trio d’une équipe ayant peu de profondeur, au lieu d’une place sur le 4ème chez les Dragons.
Autres
Elie Marcos : quelques pépins physiques ont malheureusement ralenti la production du capitaine modèle de l’Etoile Noire. Mais, malgré cela, il a continué à apporter beaucoup, autant dans le vestiaire que sur la glace. Il s’y est dépensé sans compter, jouant dans les deux sens, tout en contribuant régulièrement au tableau des points.

Sébastien Trudeau : a fait un début de saison bien moins convainquant que la précédente, étant moins rapide et efficace dans les deux sens de la patinoire. Il a heureusement su redresser la barre par la suite, finissant même la saison en trombe avec de jolis PO à la clé.
Anthony Goncalves : un jeune qui se démène comme au beau diable sur la glace, montrant toujours de l’envie et une belle pointe de vitesse. Un joueur très intéressant pour un 4ème trio digne de ce nom, ou pour faire quelques apparitions sur un 3ème, mais guère plus pour le moment. Il dispose pourtant d’habilités suffisantes pour bien figurer dans le top 9, mais a lui de passer le cap.
Tarik Chipaux et Valentin Michel : des joueurs de soutien n’ayant pas vraiment de points forts, qui seraient intéressants pour constituer une quatrième ligne et encadrer un jeune prometteur, mais ici, c’est pour la 3ème.
Julien Baeumlin et Thomas Mathieu : deux jeunes mulhousiens (traîtres !) qui sont là pour faire le nombre et grapiller quelques minutes de jeu de temps à autre en cas de blessures des titulaires. Dans ce cadre assez restreints, ils ne sont finalement pas si mal puisque étant parvenus l’un comme l’autre à marquer la saison dernière.
Sullivan (LW/RW) – Greiner © – Pardavy (RW/LW)
Un travailleur pas maladroit, un buteur et un faiseur de jeu, pour ce qui semble une première ligne correcte et bien équilibrée.
Burgert (F) – Marcos © – Trudeau (RW)
Trois joueurs assez complets, commençant à bien se connaître.
Michel (F) – Saint André (F) – Chipaux (RW)
Un peu de potentiel et pas bien plus d’expérience pour un 3ème trio très juste pour l’Elite…
Baeumlin (F) – Mathieu (F) – Goncalves (F)
… donc autant dire que le 4ème ne verra quasiment pas la glace.
Même souci en attaque qu’en défense : le manque de profondeur. Pour le coup peut-être même encore plus criant puisque le 3ème trio parait vraiment insuffisant, et que les joueurs pouvant apporter un peu de concurrence et de renfort sont bien rares. Pour ce qui est du top 6, les joueurs y sont corrects, sans plus, avec quelques paris intéressants, particulièrement Sullivan, qui pourrait être une belle surprise.
Perspectives
Au final, on a une construction cohérente et optimale en fonction des moyens, excepté au poste de gardien, pourtant essentiel. La caractéristique qui peut et fait la différence ces dernières saisons, c’est que la grande majorité des joueurs de l’effectif strasbourgeois disposent d’une excellente mentalité, c’est ce qui a toujours sauvé Strasbourg jusqu’ici, et en plus de cela permis de conserver un noyau inchangé assez important au fil des ans. On peut donc s’attendre à un début de saison en trombe, pour ensuite peu à peu chuter au fil des matchs, lorsque les autres clubs développeront leur cohésion et leur système de jeu. Dommage donc que les dirigeants n’arrivent ou n’aient si peu la volonté de développer le club, car tout le reste est en place pour que cela marche du tonnerre.

Pronostic : 14ème place (10ème au mieux et 14ème au pire)