Allez, je ressors mon carnet de voyage. Je vais remonter dans le temps jusqu’en Aout 2003. Eté de mes 30 ans. Ma regrettée grand-mère nous ayant laissé deux trois sous lors de son départ, je décide de profiter de la vie et de partir découvrir le Québec. 4 semaines pour tout voir !!! Logé chez un copain du service militaire ayant émigré sur place du coté de Laval….. Bon, les vacances ont été catastrophiques : sa blonde l’a quitté en vidant la moitié de la maison, bref, des tas de merde qui ont gâché les vacances. Mais bon. J’ai remonté le moral de mon chum et j’ai pu découvrir un peu quand même. Promis, j'y retournerais !!! (Voyage de noce ???? ;)
Bref, un jour je me suis dit « Steph, tu rêves des USA depuis des années. Tu écoutes US, tu regardes US, tu manges US, il faut y aller !!! » De Montréal, sur un road trip de 3-4 jours, j’avais le choix en New York la démesurée ou visiter le Maine, patrie de mon auteur fétiche Stephen King… Mon cœur a penché pour les romans qui ont bercé mon adolescence (et que je continue de dévorer). C’est donc parti. Je loue une Hyundai à boite auto (la première que je conduisais). Après deux trois coups de freins un peu brusque (qui est le con qui a viré l’embrayage ???) c’est parti pour les USA. A moi le rêve américain !!!!!
500 kms de route, un peu d’Highway, un peu de national, beaucoup de bitume. Premier petit plaisir la frontière US

Pour moi, c’était symbolique. Je rentrais dans le pays de mes rêves d’ado. Une fois les formalités administratives faites, c’est reparti. En bon citoyen, je respecte scrupuleusement les limitations de vitesse (ben quoi, ils ont toujours l’air super méchant les flics chez les ploucs US). Mais évidemment, comme en France, tout le monde dépasse légèrement la vitesse maxi. Après une cinquantaine de kilomètres à me faire klaxonner ou à me prendre des appels de phares, je décide d’appuyer un peu le pied, et me fondre dans la masse locale.
Premier soir, j’arrive à Bangor, Maine. Là où vit Stephen King. Je fais un petit tour de la ville. Peu de monde dans les rues, il n’est que 20h00. Très calme comme ville.

Un arrêt ravitaillement dans le premier fast food que je croise, et direction le motel. Mais pourquoi cette ville au fait ??? En fait, Stephen King base la majorité de ses romans soit à CastleRock, une ville imaginaire, soit à Derry, qui est presque la copie calque de Bangor, là où il vit. J’avais donc envie de voir « de visu » tout ce que j’avais lu. Et qui plus est, se trouve dans cette petite ville LA boutique pour tout fan de Stephen King : Betts Books. Ici vous trouverez tous les romans de Stephen King. Beaucoup en Hard Cover. Certains sont juste signés, certains sont dédicacés. Mais vous trouverez aussi des T-shirt, des mugs, … C’est mes 30 ans, je me ferais plaisir !!!!
Au petit matin, impatient, je me lève tôt, mais la boutique n’est pas encore ouverte. Je reprends donc la voiture, et décide de « flâner » dans les rues, en espérant découvrir la maison de mon idole. Je l’avais déjà vu dans des revues. Une maison dans les tons de briques, un portail en fer forgé digne d’un film d’horreur, ça devrait être facile !!! Je tourne une demi-heure dans les petites rues. Mais rien, nada !!! Il habite peut être tous simplement en extérieur de la ville. Pas grave, je me replie vers la boutique qui a enfin ouvert.
Le paradis sur terre !!!!! Des tas et des tas de livres !!!! Mais ouchhh le budget !!! Pour un Soft Cover, c’est le même prix qu’en France (édition Albin Michel ou équivalent) Pour un Hard Cover, ça varie de 40 à 80 $. Et pour une version signée …. Là ça commence à minimum plusieurs centaines de $, et ça monte à 3-4000 $.... Euhh un peu hors budget quand même. Je me contente donc d’une très belle édition HC du Fléau. Ainsi qu’un livre sur les liens qui unissent Stephen King et le Maine (à travers ses romans, son mécénat, … ), un tshirt souvenir, et une belle lithographie (ou un crayonné, je ne connais pas les termes techniques) numérotée et signée par l’artiste : La faucheuse franchissant le portail de Stephen King, se retournant vers l’observateur qu’on est, et mimant un « chutttt » un doigt sur la bouche.
Et j’entame la conversation avec le propriétaire. On parle de la France, du Concorde car il est passionné d’aviation (Bangor est le premier aéroport US sur les lignes Europe USA. Donc en cas de gros temps sur New York, en cas de pépin techniques, les avions sont détournés sur Bangor), ….. et dans la conversation, je lâche un « eh bien j’ai cherché la maison de Stephen King, mais je ne l’ai pas trouvé ».
Lui : « vous l’avez cherché longtemps ? ».
Moi : « Non, j’ai tourné comme ça, au hasard des rues » ayant presque honte de faire le fan.
Il se met à rire et se dirige vers sa devanture. « Venez voir. Vous voyez la rue qui part là en face ? Ben vous prenez cette rue, et la maison sera à 250-300 mètres, sur votre gauche » J’ai bredouillé quelques remerciements. Il en a profité pour me filer une petite carte de Bangor/Derry : Tous les lieux de Bangor qui étaient décrits dans des romans de Stephen King, ou ayant servi de décor à un film. Je l’ai vivement remercié, et j’ai repris ma voiture.
Et là…. Au bout de 250-300 mètres, la maison du Maitre absolu du roman d’horreur et d'angoisse (à mes yeux, je le rappelle. Quoi que vu son succès, aux yeux de beaucoup d’autres aussi)

Pas une maison entourée de barbelés, de haies de 10 mètres de haut, pas de vigiles, pas de policiers postés devant la maison. La maison de monsieur tout le monde (nonobstant la taille évidemment). J’étais aux anges…. J’ai dû rester bien 5-10 minutes, à voir si par le plus grand des hasards je l’aurais vu aller promener son chien, récupérer son courrier ou autres, mais non 🙁 Tant pis. J’étais déjà très heureux. Je suis donc reparti, découvrir le Bangor des romans. Les photos qui vont suivre ne parleront qu’à ceux qui ont lu les livres.
Le château d’eau de Ca, où Stan a vu flotter des cadavres :

La fontaine, où Stan aime observer les oiseaux venant s’abreuver dans Ca

Les célèbres Friches Mortes, où le Club des Ratés aime à jouer dans Ca également.

Lieu de tournage de La Créature du Cimetière, adaptée du nouvelle de Stephen King. Nouvelle sympa, mais film à deux balles

Allez, terminé Bangor. Une petite visite dans un magasin tenu par de véritables Indiens pour acheter deux trois souvenirs pour la famille (une paire de raquette à l’ancienne, quelques attrape-rêves), et je repars vers ma prochaine destination : Bar Harbor. Mais ce sera pour la prochaine session de contes 😉