Pur produit de la formation rouennaise, Quentin Papillon a vécu son baptême du feu chez les professionnels mardi soir contre Epinal (3-0) en Coupe de la Ligue. Le jeune Haut-Normand de 18 ans, qui a été très bon, sera à nouveau titulaire ce soir pour le match des Champions contre Gap.
Hockey sur glace - match des champions : l’envol du Papillon
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Lui qui voulait s’offrir une sortie discrète n’a pas eu d’autre choix, mardi soir, que de retourner sur la glace, poussé par ses coéquipiers alors qu’il s’esquivait timidement en direction du vestiaire. Après une première apparition chez les professionnels conclue par un blanchissage face au finaliste de la dernière Ligue Magnus, Quentin Papillon méritait pourtant amplement la standing ovation que lui a réservé le public de la patinoire de l’Île Lacroix au terme de la rencontre opposant donc le Rouen Hockey Elite au Gamyo Epinal (3-0). « L’équipe l’a bien aidé défensivement mais lui aussi nous a bien aidés en début de deuxième tiers-temps et dans le troisième. Il a été bien en place et il a fait les arrêts qu’il fallait, lui rendait d’ailleurs hommage après coup Fabrice Lhenry, son entraîneur. Malgré le peu de lancers qu’il a eus, il est resté concentré. Il n’a jamais été débordé ni en retard. Il a bien performé. » Arrêtant sans vraiment trembler la vingtaine de tirs spinaliens.
Pas mal pour une première à ce niveau. Pas tout à fait surprenant non plus. International U16, U18 et désormais U20, Quentin Papillon est en effet l’un des grands espoirs français au poste de gardien. Un pur produit de la formation rouennaise aussi. De l’école de hockey, où il a débuté à un peu plus de trois ans, jusqu’aux pros du RHE, le jeune homme de 18 ans est passé par toutes les équipes du Club Amateur de Hockey de Rouen (CHAR). L’Île Lacroix et sa patinoire, le Rouennais n’a donc pas eu à s’y adapter. Il la connaît déjà par cœur. Tout petit, il y usait ses fonds de culottes dans les pas d’un père passionné et encore joueur dans l’équipe Gentlemen du CHAR aujourd’hui. « Il m’a mis sur des patins à un an. J’ai su tenir debout dessus avant même de marcher, se souvient aujourd’hui en souriant Quentin Papillon. En tout cas, j’ai tout de suite accroché. Ça m’a tout de suite passionné. »
« Aller le plus haut possible »
Au point, ensuite, d’en demander toujours plus. « Depuis les moustiques, j’ai toujours été surclassé et, du coup, je m’entraînais dans plusieurs catégories. J’avais souvent deux séances de glace par jour et, le soir, j’allais parfois m’entraîner en plus avec mon père et les Gentlemen. Certains me disaient que je m’entraînais trop et que je pourrais me lasser mais, moi, plus j’étais sur la glace, plus j’étais content. » C’est d’ailleurs en partie pour ça qu’il s’est tourné vers le poste de gardien. « Je voulais être sur la glace tout le temps, rigole-t-il. Je voulais aussi avoir des responsabilités, pouvoir peser sur le match. Et puis, à l’époque, notre gardien était nul et ça me saoulait ! (Rires). » Au fond, devenir gardien de hockey quand on se nomme Papillon, cela coule presque de source.
Autant que de le voir intégrer l’effectif professionnel cette année. « C’est un peu la suite logique de mon parcours, confirme Quentin Papillon. En tout cas, j’espérais vraiment devenir back-up et ainsi avoir de la glace. » Pour progresser encore. Pour toucher également plus régulièrement à ce très haut niveau où il espère s’installer durablement à terme. « J’apprends beaucoup à l’entraînement par rapport à la vitesse du jeu, au fait qu’à ce niveau les joueurs peuvent dévier n’importe quel palet ou encore à mon positionnement. En plus, avoir Fabrice (Lhenry) comme coach, c’est motivant. Tout comme de voir quelqu’un comme Dany Sabourin travailler tous les jours. Avec Julien (Gaubert, l’autre jeune gardien du groupe), ils nous aident. » Et cela porte ses fruits. Par rapport au match qu’il avait disputé contre Chamonix durant la préparation, le jeune gardien rouennais a été méconnaissable. « Ce match avait été mon tout premier avec les pros et je m’étais mis la pression tout seul, se souvient Quentin Papillon. Je me sentais bloqué dans mon jeu. Là, face à Epinal, j’ai abordé la rencontre plus cool et mes coéquipiers ont tout fait pour me déstresser. Ils m’ont bien aidé. Les défenseurs ont également fait un gros boulot pendant le match. » Résultat, un envol réussit pour celui qui espère désormais « aller le plus haut possible. » Et pourquoi pas décrocher, ce soir à Gap, son tout premier trophée avec les Dragons à l’occasion du match des Champions.
Matthias Rogier
m.rogier@presse-normande.com
Ce soir à 20 h 30 à Gap
Absences : Fouquerel (épaule), Schmitt (scaphoïde), Pérez (cheville), Crinon (épaule), Takac (bas du corps) à Gap ; Sabourin (bas du corps), Raux (œil) à Rouen.
RAPACES DE GAP :
Gardiens : 39. Bertrand, 26. Andre.
Défenseurs : 2. Maher, 5. Kramar,
Seignez, 27. Langlais,
McEachen, 57. Trabichet,
Baridon, 42. Chapelier.
Attaquants : 15. Bouvet, 16. Doherty, 18. Rech, 21. Guiberteau, 38. Golicic, 41. Bernier, 52. Miettinen, 13. Richter, 65. K. Da Costa, 77. Carter, 85. Rohat.
Entraîneur : Luciano Basile.
DRAGONS DE ROUEN :
Gardiens : 23. Papillon, Michel.
Défenseurs : 4. Manavian, 5. Coulombe, 8. Guillemain,
Houeix, 42. Konttinen,
Dame-Malka, 62. Chakiachvili.
Attaquants : 7. Y. Treille, 9. Whitecotton, 10. Arrossam
ena, 11. Guénette, 13. Koudys,
- Krog, 24. Thinel, 27. Lampérier, 65. Colotti, 66. Nesa, 68. Delbaere, 77. S. Treille, 93. Labelle.
Entraîneurs : Fabrice Lhenry et Ari Salo.