J'espérais ne pas avoir à la faire si rapidement, mais bon :

Bilan de la saison 2013-14 :
Avec « un seul » titre en coupe de la Ligue cette saison, et des échecs dans toutes les autres compétitions, dont une élimination en demie de la Magnus, font clairement de cette campagne un échec. Blessures, problème administratif (Manavian), multiplication des compétitions, tout cela pourrait servir d’excuse, mais au vu de l’effectif, elles sont toutes de mauvaise foi. Le mal touchant l’équipe est ailleurs : l’inconstance. Un problème récurrent ces dernières années malgré la noria de bons joueurs défilant sur les bords de Seine. A croire que ce qui fait dérailler la machine rouennaise n’est pas sur la glace, non ?

Intersaison 2014 :
Staff sportif :
On prend les mêmes et on recommence. Et pourtant, c’est bien là qu’est le plus gros problème des Dragons dernièrement. Entre les deux têtes pensantes qui ne sont plus beaucoup au hockey dernièrement avec les projets immobiliers du club, et un coach qui a le don d’agacer ses joueurs par son caractère soupe au lait et sa façon très spéciale de les employer, trop souvent à contre-emploi ou de manière inadaptée, et on se retrouve avec une équipe sans capitaine et officiers à la barre. La mauvaise nouvelle, c’est que cette situation risque de perdurer un bon bout de temps.
Gardiens :
Gabriel Girard remplacé par Nicola Riopel
Le pari du canado-français Girard, après deux saisons, n’aura pas marché : ses performances ne lui ouvriront pas les portes des l’équipe de France, car trop inconstant en saison régulière, et loin d’être suffisamment mature. A sa place, les Dragons sont allés chercher un bon gardien, qui dispose sans le moindre doute au départ du statut de n°1, et pas de cette étiquette « croupion » de n°1 bis due à la présence de Lhenry la saison précédente, qui n’a sans doute pas facilité la vie à Girard.
Car c’est bien là que réside le principal problème dans les cages rouennaises : le fait que l’ancien international refuse de raccrocher les patins, ou du moins accepte le statut de n°2, car soyons honnête, ses blessures récurrentes et son âge ne lui permette plus autre chose. Il en résulte un climat qui n’est pas sain pour un poste où la confiance fait tout ou presque. Donc attention, il y a risque que cette situation recommence cette saison, car Lhenry n’abandonnera pas l’idée de garder les cages en tant que n°1.
Défense :
Miloslav Guren remplacé par Patrick Coulombe
Le vétéran tchèque a réalisé une campagne honnête, sans plus. En tout cas trop juste pour justifier le statut de général de la défense. A la place, Rouen tourne enfin la page du vétéran quasi retraité pour diriger son arrière-garde. Cette fois, elle fait appel à un joueur dans ses meilleures années, bourré de talent tant offensivement que défensivement. Vous me direz : mais que fait-il par chez nous ? Et bien son gabarit modeste lui a fermé sans doute beaucoup de portes, et il sort d’une saison compliqué avec quelques pépins physiques. Il en reste quand même une excellente pioche.
Juho Mielonen remplacé par Wes Cunningham
Un arrière complet en remplace un autre. Espérons que le Canadien n’ait pas le malheur du Finlandais, qui s’était blessé à peine arrivé. En tout cas, on retrouve là un joueur au CV bien rempli dans des championnats prestigieux comme Coulombe. Excellentes aptitudes défensives et pas maladroit lorsqu’il s’agit de contribuer à l’offensive, Cunningham a tendance à prendre pas mal de pénalités. S’il se discipline, il constituera un très bon renfort.
Lauri Lahesalu remplacé par une promotion de Raphaël Faure
Faure n’a pas démérité lors de sa dernière saison, et a gagné sa place de titulaire sur une troisième paire. Là ou cela coince, c’est qu’il s’agit d’y remplacer un vétéran, mais cela reste un pari modéré, ce jeune ayant peu à peu sur les dernières saisons pris du temps de glace.
Andrej Tavzelj remplacé par une promotion de Léo Guillemain
Même constat pour le précédent, ci ce n’est que pour Guillemain, l’expérience est un peu moindre. Le gabarit est par contre très intéressant, d’autant plus que les renforts ne sont pas spécialement imposant. Dans son style de jeu, il vient remplacer exactement le Slovène comme arrière défensif pur et dur.
La défense version 2014-15 souffle clairement le chaud et le froid. Le chaud car – enfin – des bons renforts dans la force de l’âge sont venus poser leurs valises sur les bords de Seine. Avec les deux internationaux Janil et Manavian, désormais deux tauliers de l’EDF, ils constituent un très bon top 4 excellent dans l’apport offensif et bon défensivement.
Le froid car, pour compléter les lignes arrières, le club a plus que largement puisé dans son réservoir. Cela ne veut pas pour autant dire que les jeunes choisis pour la tâche sont des bouches trous, loin de là, mais ils sont bien tendres. Ceci sans compter les blessures, qui seront très délicates à gérer. Heureusement, la date butoir des transferts devrait bouger. De plus, on a aussi dans cette arrière-garde deux éléments (Manavian et Cunningham) assez indiscipliné.

Attaque :
Janos Vas remplacé par Daultan Léveillé
Le Hongrois, malgré une saison probante en matière statistique, n’a pas pour autant été un modèle de constance. Dommage car il promettait bien mieux. A sa place, un jeune Canadien au CV peut être un peu moins garni, mais disposant tout de même de bonnes références avec de la NCAA, ECHL et AHL. De quoi confirmer un gros potentiel même s’il n’a commencé à l’exprimer que dernièrement en senior. Un demi pari guère risqué donc, qui devrait se révéler être un bon deuxième centre et créateur de jeu, capable lorsqu’il le faut de marquer.
Yannick Riendeau remplacé par Francis Charland
Même problème d’inconstance que Vas pour Riendeau. Et pourtant là encore, les habilités étaient présentes. Pour le remplacer, on est en terrain connu puisqu’on retrouve l’ex chamonio-grenoblois Charland. Buteur pur au jeu assez simple (je shoote, je shoote et je shoote), bien servi (et il le sera), il redeviendra le redoutable buteur de 2012-13, et sans doute même mieux. Mais il ne faudra pas attendre quoi que ce soit d’autre de sa part (repli ou jeu physique). En même temps, c’est déjà pas mal.
Anthony Rech remplacé par Dan Koudis
Parti sous d’autres cieux alors qu’il aurait eu cette année autant de glace qu’il aura à Dijon, on a là une victime de plus des manières de faire du coach rouennais. Dommage, car Rech avait de quoi devenir à court terme un excellent ailier de première ligne et sans doute plus. A sa place, un Canadien (forcément) un peu plus vieux et moins imposant, passé par la NCAA avec un profil d’attaquant plutôt défensif, et qui a retrouvé sa touche offensive la saison précédente dans un championnat modeste. Joueur assez complet semble-t-il, recruté pour son entente avec Léveillé, on a là un pari bien plus risqué que son futur acolyte.
Juraj Stefanka remplacé par Maxime Lacroix
Sa première saison avait été convaincante, avec une grande implication à tous les niveaux, mais sa seconde aura été tout l’inverse. C’est donc sans regret que Rouen se sépare du vétéran slovaque Stefanka. Arrive comme substitut un franco-canadien ayant déjà un sacré bagage malgré un âge encore jeune : AHL, ECHL et quelques championnats européens. Lacroix a laissé de bonnes impressions partout où il est passé. Travailleur infatigable, pas maladroit devant le but, un joueur qui remplira aussi bien le rôle d’ailier travailleur sur les premiers trios que celui de maître à jouer sur la ligne de contrôle. Superbe acquisition de la part des Dragons.
Romain Guttierez remplacé par la promotion de Loup Benoît
Une nouvelle belle perte parmi les joueurs français prometteurs dans cet effectif noir et jaune. Mais cette fois, son choix est plus logique car il est clair qu’il aura plus de temps de glace et de responsabilités à Dijon qu’à Rouen (sans compter un entraîneur d’un autre calibre). L’ex grenoblois Benoît a donc une chance unique à saisir. Il a prouvé brièvement il y a deux saisons qu’on pouvait lui faire confiance, à lui de transformer cet essai.
Dimitri Thillet remplacé par Fabien Colotti
Un jeune ayant beaucoup de potentiel remplacé par un autre en disposant d’autant. Le premier n’a jamais su l’exprimer en senior, espérons que le deuxième y parvienne, d’autant qu’il est fort possible qu’il voit pas mal de glace en tant que n°10.
Au final, on a là une belle attaque avec trois blocs solides, puisqu’il reste 2 fantastiques survivants (Thinel et Desrosiers) auxquels on peut ajouter Guenette pour compléter les trios. Trois très bons vétérans qui encadreront les nombreuses jeunes pousses, aidé par le Rouennais Lampérier, bon élément si on ne le fait pas jouer à contre-emploi et on lui accorde sa confiance. Attention à ce que ce noyau n’aille pas trop au clash avec le coach (pas évident vu le nombre de canacks dans le vestiaire et la personnalité de Garnier), que ce soit justifié (le plus souvent) ou non, car l’ambiance risque alors d’être bien lourde.
Autre bémol, mais moins flagrant qu’en défense : le manque de profondeur. Un attaquant supplémentaire pour compléter le deuxième ou troisième trio n’aurait pas été un luxe extravagant. Attention donc aux blessures.
Enfin, petite originalité, cette escouade offensive dispose de pas moins de 6 centres naturels. Autant dire qu’il sera vraiment compliqué de lui prendre le face-off, même en cas de juge de ligne tatillon.

Perspectives 2014-15 :
Il y a quelques temps, suite à une saison ratée, les dirigeants Dragons auraient monté une équipe à tout casser, par fierté et parce que c’est Rouen, le n°1 du hockey français, et qu’ils en ont les moyens. Mais maintenant ? On se serre la ceinture, non par nécessité mais par choix, en donnant la priorité dans un club sportif, où donc les résultats se doivent d’être le seul objectif, à des projets immobiliers. Peu importe que cela soit positif à long terme, ce n’est pas normal que cela impacte à ce point l’équipe qui se présentera sur la glace durant plusieurs années.
L’inconstance sera-t-elle encore au rendez-vous ? C’est probable, puisqu’une fois de plus les conséquences et pas les causes du problème ont été traitées. De plus, l’ambiance risque une fois de plus d’être lourde dans le vestiaire, bien sûr à cause du coach, mais aussi avec le duel des goalies, genre de situation qui ne se passe que rarement bien, surtout avec si peu de matchs à jouer par chez nous.
Une touche de positif néanmoins, car il y a dans cet effectif du talent, et surtout encore quelques éléments « grandes gueules » capable de contre balancer les mauvaises décisions du coach. Ils sont moins nombreux qu’avant, et ce font donc moins entendre, mais, tirant sur leurs dernières années, on peut espérer qu’ils souhaitent finir sur de belles performances, et mettent l’équipe sur de bons rails.
Alignement probable :
Garnier
Riopel
Lhenry
Coulombe – Janil
Cunningham – Guillemain
Faure – Manavian
U22 – U22
Thinel – Guenette – Charland
Desrosiers – Leveillé – Koudis
Lampérier – Lacroix – Benoît
Colotti – U22 – U22
= 12+1 JFL
Pronostic : 5[sup]ème[/sup] (2[sup]ème[/sup] au mieux, 7[sup]ème[/sup] au pire)